L'émeraude du Nil

lundi 10 mars

Les fouilles en Egypte (4eme et dernière partie)

Comme il en va pour toute étude de ville ancienne, l'inventaire est établi des couches successives, au fur et à mesure que les fouilles descendent ; cet hiver, quatre cents ouvriers se sont employés à dégager la couche supérieure du tertre, qui a montré les ruines d'une cité copte (premiers chrétiens d'Egypte) du Xe siècle. Dans ces ruines ont été trouvés, couvertes d'une poussière brune peu séduisante, des poteries du début de l'époque islamique, une échoppe de pharmacien avec un vase encore rempli de scarabées, tels que la pharmacopée indigène actuelle en prépare encore, et une jarre de terre haute d'un mètre, pleine de papyrus d'un grand intérêt historique, couverts d'écrits coptes et arabes et encore cacheté de leur sceau d'argile.
Enfin, on y a mis au jour un écrit, volume relié en cuir que l'on connaissait mais sans avoir pu jamais le découvrir, et qui donne des indications relatives à Mahomet : une estimation en a été faite à plus de 300 000 francs. Mais aucun objet provenant de fouilles françaises n'est mis en vente.
Tant de découvertes sensationnelles, relatives à tant d'époques variées et qui amènent, en même temps qu'un trésor d'art pour notre musée du Louvre, des enseignements d'un intérêt capital pour l'histoire, font grand honneur à nos patients et modestes chercheurs.
Elles montrent ce que peuvent, même avec les moyens si réduits que procure un change déprécié, l'énergie et l'intelligence françaises. Là comme toujours elles savent travailler dans un recueillement ennemi de toute réclame. "Connais-toi toi-même", dit le proverbe. Il importe que nous sachions comment, isolés au loin, nos savants contribuent au rayonnement intellectuel de la France.

G. DE GIRONCOURT - Article publié dans Lecture pour tous en janvier 1926

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dimanche 09 mars

Fouilles en Egypte

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samedi 08 mars

Fouilles en Egypte (troisième partie)

Médamoud, à neuf kilomètres au nord-ouest de Karnak, émergeaient quelques colonnes hors du sol ; M. Georges Bénédicte, membre de l'Institut et conservateur de la section égyptienne au musée du Louvre, eut la prescience, à l'un de ses récents voyages en Egypte, que quelque chose d'important gisait là.
De notre Institut français du Caire, arrivèrent en décembre 1924 MM. Fernand Bisson, professeur à l'Institut catholique de Paris, chargé de mission et spécialiste des inscriptions hiéroglyphiques. Ils eurent la bonne fortune de voir leur centaine de travailleurs mettre au jour complètement, en quelques mois, un énorme temple dont les annexes sont dédiées à un dieu thébain de la guerre, Montou, dont nous ne savions presque rien.
Or il est aujourd'hui démontré que son culte fut très important - beaucoup plus considérable que celui d'Ammon - si bien que ce sanctuaire ne révélerait rien de moins que la toute première origine de Thèbes.
Un mur d'enceinte y a été retrouvé qui comporte plus de deux cents figures allégoriques sculptées, dont une représente l'empereur Trajan vénérant un taureau-oracle. Ce rôle d'oracle tenu par les boeufs sacrés en Egypte est une révélation nouvelle ; le consultant appelait le taureau et, si celui-ci venait, l'oracle était favorable ; il y a d'ailleurs à l'origine, une relation extrêmement inattendue avec les cultes stellaires et la constellation du Taureau.
En déblayant le temple, on trouvé deux grandes statues de Sésostris III assis, dont s'enrichit le musée du Louvre. La plus endommagée, représentant le roi vieilli, figure sur l'une de nos photographies telle qu'elle a été trouvée.
Les fouilles de ce temple ne sont pas terminées et vont être continuées.
A Deir el Medineh, au flanc du massif de montagnes où s'ouvrent les vallées des Rois et des Reines, non loin d'un temple ptolémaïque aux murs de terre grise et au sanctuaire en pierre, tout un quartier de Thèbes a été découvert par M. P. Bruyère, avec les vestiges de ses maisons et de ses rues et de cimetière annexe. Les noms inscrits dans les tombeaux ont montré qu'il s'agissait là du quartier des artisanss décorateurs et sculpteurs des hypogées. Ces sépultures ont une magnificence incomparable : leurs fresques polychromes aux frais coloris et au style presque "art nouveau" sont d'une conservation parfaite. Elles nous apportent sur la théurgie égyptienne des indications absolument neuves et inattendues : nous y possédons des premières représentations d'un Dieu le Père avec Osiris-Dieu et le fils auxquels se joint une troisième émanation divine symbolique : les Egyptiens étaient arrivés à la notion de la Trinité !
Tous les coloris sont tellement frais et vifs qu'ils paraissent tout récemment posés.
A Edfou, à cent kilomètres au sud de Thèbes, tout autour du célèbre temple d'Horus déblayé par Mariette, s'élevait un tertre dénudé que les fellahs désagrégeaitent peu à peu pour utiliser sa poussière brune comme engrais. M. Henne s'est attaqué à ce tertre et y a retrouvé la cité antique d'Apollinis magna avec ses maisons et ses rues, ou plus exactement, ainsi qu'il est arrivé pour Troie, la superposition des vestiges de villes de plusieurs âges.

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vendredi 07 mars

Fouilles en Egypte en 1926

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jeudi 06 mars

Dernières fouilles en Egypte (deuxième partie)

On sait que les travaux archéologiques s'accompagnent d'une oeuvre de restauration dont les dépenses sont si lourdes qu'elles limitent très vite le champ des investigations : dans l'enceinte du grand temple si fameux de Karnak, tout n'a même pas été exploré.
Les nations soucieuses de participer au soulèvement du voile mystérieux qui nous cache des choses du passé sont représentées au Caire par des fondations de recherches, dont voici l'énumération succincte :
Les fouilleurs américains sont l'éminent George Reissner, pour l'Université de Harward, et Boak pour l'Université du Michigan ; les chercheurs anglais sont Robert Mund, qui agit pour son propre compte tout en représentant l'Université de Liverpool, et Howard Carter dont on se rappelle les démêlés avec le gouvernement égyptien : la conséquence en fut que la tombe de Tout-Ankh-Amon resta fermée durant la dernière saison de fouilles, l'hiver dernier, recouverte d'éboulis, et gardée par un piquet de soldats. L'Italie a fait de très belles trouvailles grâce au professeur Monneret de Villars, et les Allemands, qui avaient disparu d'Egypte, tendent à y revenir avec la puissance du mark-or.
La France possède au Caire une belle et spacieuse maison : l'Institut français d'archéologie orientale installé au palais de Mounéra, où sont à la fois magnifiques salles de réception, de vastes bibliothèques, de clairs et spacieux laboratoires, et de commodes appartements pour les savants qu'elle y entretient en pensionnaires et qui y travaillent activement, sous la direction éminent de M. George Foucart.
Passons en revus leurs magnifiques découvertes.
A Abou-Roach, à dix-sept kilomètres à l'ouest du Caire, auprès de la pyramide de ce nom, où depuis trois ans, la science française s'est installée, M. Fernand Bisson de la Roque, après MM. Joignet et Coullomp, vient de retrouver toute une succession de sépultures dont les plus anciennes remontent aux temps préhistoriques où les corps étaient enterrés dans la posture repliée. C'est le temps de la troisième dynastie (vers l'an 2900 av. J.-C.) : on peut dire que le début du calendrier égyptien, 4241 avant Jésus-Christ, appartient tout à fait à la préhistoire ; nous savons extrêmement peu de chose sur des pharaons tels que Ménès (3300 av. J.-C.), Joser (2900 av. J.-C.), etc.
Or tous les stades funéraires, depuis cette époque jusqu'à l'apparition du premier sarcophage, figurent dans les tombeaux d'Abou-Roach, qui s'échelonnent du tumulus à la pyramide.
Et combien intéressant est ce premier sarcophage, d'un poids de près de deux tonnes, et qu'on ne pourra ramener à la lumière qu'en le remontant à plus de dix-huit mètres par son puits étroit où il peut tout juste passer ! Et nul doute qu'il sera exhumé, car nulle pièce n'est plus curieuse pour l'histoire ; sur ces parois apparaissent les premiers rudiments de ce qui sera plus tard l'art égyptien : voici encore, en éléments linéaires les pieux d'enceinte, ornement préhistorique des habitations, tels qu'on les trouve encore dressés à l'entrée des cases royales du Cameroun ou de Madagascar ; ils deviendront plus tard les mâts flammés ornant si brillamment les façades des célèbres temples. Voici aussi le motif de la fausse porte qui sera plus tard la base de l'ornementation funéraire... Et il faut noter que ce sarcophage est encore d'une époque bien antérieure à celle où les Egyptiens avaient appris à momifier leurs morts. Nous touchons maintenant du doigt le premier chaînon de l'évolution égyptienne sur lequel on n'avait pu faire que des hypothèses : il confirme que la magnifique civilisation des bords du Nil avait ses origines autochtones.
Un tombeau a été de plus identifié à Abou-Roach comme étant celui du fils de Didoufri, pharaon dont le règne n'était pas connu.

 

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mardi 04 mars

Dernières fouilles en Egypte (première partie)

La science française vient de marquer en Egypte une nouvelle étape, cette fois capitale pour l'avancement de nos connaissances historiques : une nécropole extrêmement ancienne a été mise au jour, qui nous fournit des documents irréfutables sur l'origine de la civilisation égyptienne, désormais démontrée autochtone ; un grand temple surgit du sol qui nous révèle un culte ancien, et un énorme sanctuaire beaucoup plus fréquenté et plus ancien que celui, si célèbre, d'Ammon ; un quartier de Thèbes est trouvé sous les éboulis d'une montagne, qui nous apporte, sur les peintres et les sculpteurs décorateurs des fameux hypogées de la Vallée des Rois, tout un état civil précieux ; enfin une cité antique revient à la lumière, tout d'abord par ses couches supérieures du Xe siècle, qui livrent des papyrus importants.
Tout d'abord, qui fouille en Egypte et dans quelles conditions ? se demandera-t-on en apprenant, après la trouvaille du caveau de Tout-Ankh-Amon, l'apparition successive de tant de trésors d'art ou de sources d'histoire.
Ce sont seuls les organismes scientifiques ou des ministères à qui des concessions de fouilles sont octroyées par le gouvernement égyptien, sous le contrôle de son service archéologique, qui possède le musée du Caire. Ces concessions ne sont pas onéreuses ; elles sont astreintes seulement à un léger droit de garde. Elles sont annuelles, mais renouvelables et révocables, et entraînent l'obligation du gardiennage des travaux. Les trouvailles jusqu'ici étaient expertisées et partagées par moitié entre le concessionnaire et l'administration des antiquités, mais de nouveaux règlements vont permettre désormais à l'Egypte de choisir et de retenir pour elle, sans compensation, toutes les pièces qui lui plairont.
L'intensité de la chaleur estivale, en même temps que la répartition des pluies, et l'arrivée de la crue du Nil, assignent aux travaux de fouilles des périodes favorables, limitées pour la Haute-Egypte, par exemple à Thèbes, à quelques mois de l'hiver : décembre pour la préparation, et janvier et février pour l'éxécution des travaux. Dans les environs du Caire (zone des Pyramides) les recherches peuvent se poursuivent encore pendant les mois d'avril et de mai.
La main-d'oeuvre se recrute sur place ; elle comprend d'une part, généralement pour un dixième de l'effectif, des spécialistes déjà entraînés que l'on rémunère à raison d'environ dix piastres égyptiennes par jour (dix francs français) alors que le gros des équipes est formé de Nubiens et d'Egyptiens, parmi lesquels beaucoup d'adolescents, dont le salaire se limite à cinq piastres (cinq francs).
On peut se demander comment, après tant de siècles de déprédations causées par les invasions et les pillages, puis tant d'années d'investigations méthodiques par les archéologues, il peut encore rester sous la terre d'Egypte quelques vestiges à découvrir. La raison en est donnée par l'immensité des surfaces couvertes jadis par la civilisation magnifique des pharaons. Sur plus de quatre-vingts kilomètres d'étendue, le long de la vallée du Nil, à l'ouest du Caire, le rebord du plateau libyque n'est qu'une vaste nécropole pour ainsi dire sans solution de continuité, hérissée çà et là de pyramides de toutes tailles.
Là gisent encore des débris de tant d'empires qu'ils enfouissaient avec leurs morts, pour leur assurer bonne survie, tous les objets de la vie réelle, en nature pour les rois, en reproduction ou peinture pour les autres sujets.

Article publié en 1926 par G. de GIRONCOURT 

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vendredi 24 mai

Sakkarah - Un médecin construit la première pyramide du monde

sakkaraLa première pyramide du monde se dresse à quelques kilomètres en amont du Nil, près de Memphis, la capitale de l'Ancien Empire. La métropole fondée en 3000 avant Jésus-Christ fut la résidence et le centre religieux des dynasties qui allaient se succéder pendant 600 ans. Il ne reste rien de cette longue période glorieuse. La prophétie de Jérémie s'est tragiquement accomplie : "Memphis retournera au désert, elle sera détruite et vide."

La pyramide de Sakkarah est le seul monument à avoir résisté au temps. Elle s'élève dans le ciel d'un bleu pur sur la rive du Nil, une construction archaïque, à degrés, de 62 mètres de hauteur. Sakkarah était le cimetière de Memphis, Sokar, le dieu de la mort, figuré par un singe, a donné son nom au lieu.

Vers 2600 avant Jésus-Christ, le pharaon Djéser, fondateur de la 3e dynastie, chargea Imhotep, médecin, grand-prêtre et architecte, de lui construire un tombeau. Selon la tradition architecturale de cette période, Imhotep bâtit d'abord un mastaba, un tombeau en forme de parrallélépipède destiné à abriter la barque funéraire et le sarcophage de son roi. Mais il le suréleva d'un autre mastaba, construisant ainsi un monument de six degrés se rétrécissant vers le haut qu'il recouvrit de grès. La première pyramide était née.

Plusieurs mastabas, pyramides et autres tombeaux d'époques et de styles différents se dressent dans un rayon de 8 kilomètres. Dans la sépulture du pharaon Unas (5e dynastie), les célèbres textes de hiéroglyphes, qui devaient protéger et conseiller le pharaon durant son voyage vers l'au-delà, son très bien conservés. Les textes commencent dés l'entrée et recouvrent les murs de la chambre funéraire.

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vendredi 29 juin

Pour la postérité

C'est Pharos, petit voisin de la côte d'Egypte, qui a donné son nom aux phares. Sous les Ptolémées, y fut construite une grande tour du sommet de laquelle un feu éclairait au loin les navigateurs, pour les empêcher d'aller se jeter sur les rochers. Ce fut un architecte, nommé Sostrate, qui construisit cet édifice, qualifié par les anciens de "rare et merveilleux".
Après avoir achevé son ouvrage, Sostrate y grava son nom fort profondément dans la pierre, et le recouvrit d'un enduit de plâtre, sur lequel il inscrivit, en grandes lettres très apparentes, le nom du roi qui régnait alors. Sostrate avait prévu ce qui devait arriver. Au bout de peu de temps, de quelques années seulement, le plâtre tomberait avec les grandes lettres qu'il portait. Il tomba, en effet, et alors apparut cette inscription : "Sostrate de Cnide, fils de Dexiphane, aux Dieux sauveurs, pour ceux qui sont battus des flots."
Ainsi cet architecte n'a pas eu en vue le moment présent, le court instant de la vie, mais l'heure actuelle et les années à venir, tant que la tour serait debout et que subsisterait l'oeuvre de son talent.
"Voilà, conclut le grand critique, historien et humoriste Lucien de Samosate à qui nous devons ce récit, voilà comment il faut écrire l'histoire. Il vaut mieux, prenant la vérité pour guide, attendre sa récompense de la postérité que nous livrer à la flatterie pour plaire à nos contemporains. Songeons à l'avenir, à la postérité."

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jeudi 26 avril

Janvier 1926

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mardi 17 avril

L'intérieur de la mosquée du Sultan Muayyad

Avril_2012_001L'ensemble de bâtiments à vocation religieuse construits par le sultan Muayyad tout près de Bab-Zuwailah comprenait une mosquée pour le prière du vendredi, une madrassa et deux mausolées. Roberts s'y rendit dans l'après-midi du 9 janvier 1839 après avoir passé la matinée à exécuter deux petites études à l'huile du mausolée du sultan Qaytbay.
L'intérieur de la mosquée édifiée entre 1416 et 1421 se présente comme une vaste salle hypostyle subdivisée en trois nefs soutenues par des colonnes à chapiteaux corinthiens de facture pré-islamique, sûrement récupérés ailleurs. Les plafonds à caissons peints et dorés, les fenêtres avec leurs cadres en stuc raffinés, le pupitre en bois et ivoire finement décoré, et la dikka ou tribune de l'imam (visible au centre de la lithographie) adossée à de graciles colonnettes de marbre, tout contribue à faire de cette mosquée l'une des plus belles du Caire. Et on regrette d'autant plus qu'elle ait été en grande partie détruite : la mosquée actuelle correspond en fait à l'un des quatre iwan originaux seulement.

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La litographie est de 1839 et la même, photographiée en 1995 (environ).

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vendredi 16 mars

Le concept de l'homme dans l'esprit des Egyptiens

Mars2012_002Beaucoup de concepts inhérents à la pensée égyptienne n'ont pas été faute de science philosophique, explicités dans les textes. Aussi est-il difficile de les définir clairement. Dans l'esprit des Egyptiens, l'homme était composé, en plus du corps, au moins de deux principes distincts : le "ba" qui correspond à peu près à l'âme ; c'est la partie spirituelle de l'individu qui retrouve son individualité après la mort et que l'on voit représentée en forme d'oiseau à tête humaine, errant près du défunt ou des lieux que celui-ci affectait.
Le "ka" c'est le "double" reflet immatériel du corps, qui accompagne toujours l'homme. Une conception plus large fait apparaître le "ka" comme la puissance fondamentale qui permet l'animation de toute chose, l'énergie vitale qui alimente la vie.
Il y avait aussi d'autres composantes comme l'"akh" principe immortel, sotre de puissance invisible. D'autre part la personnalité, elle aussi, contenait plusieurs éléments, comme l'ombre par exemple, ou le nom, qui fait partie intégrante de l'être et est le reflet de son essence intime.

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mardi 13 mars

Les animaux sacrés

Hérité de la préhistoire, le culte des animaux sacrés était très répandu en Egypte, et surtout très populaire. Un seul anima d'une espèce donnée était adoré, il avait été choisi selon un certain nombre de critères très précis (par exemple le taureau sacré Apis devait posséder 29 signes sacrés : pelage noir avec une tache blanche carrée sur le front et au flanc droit, une tache en croissant de lune ; sous la langue, une excroissance en forme de scarabée, etc.)
Si certaines espèces animales ont été associées à des dieux, c'est sans doute parce que leurs caractérisitiques principales leur correspondaient. Mais si un seul animal à la fois de ces différentes espèces était sacré, c'est parce que les Egyptiens voyaient en lui la présence, la matérialisation de l'essence divine. Il était donc normal de l'adorer.
Lorsque l'usage de la statuaire apparut, on vit l'incarnation du dieu, non plus seulement en un animal, mais aussi en chacune de ces multiples statuettes de  bois ou de pierre.
Pourtant le culte des animaux sacrés demeura, de par l'esprit traditionaliste de l'Egypte, bien sûr, mais aussi parce que l'animal sacré, et donc le dieu, était beaucoup plus accessible au peuple que le dieu lui-même, retiré dans son sanctuaire inapprochable.
L'animal sacré reposait en effet dans un temple adjacent au sanctuaire divin et l'homme du peuple pouvait l'approcher pour lui déposer des offrandes ou consulter ses oracles, alors qu'il lui était impossible de pénétrer à l'intérieur de l'enceinte même du sanctuaire.

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lundi 12 mars

Abou Simbel

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mardi 02 août

Khâmâît, une petite égyptienne sous Ramsès II

ao_t_002Sur la terrasse de la villa des Enfants royaux, Khâmâît, fille du Pharaon, et le nain Khoumhotpou causaient à voix basse. La conversation devait être grave, mais le chien Pirouît la trouvait trop longue. Il avait fait vingt fois le tour des jouets qui traînaient sur le sol : poupées de terre émaillées, pigeons et canards à roulettes, ménages en miniatures, toupies ou ballons, sans leur trouver le moindre attrait. Maintenant il bâillait…
Enfin un coup de sifflet lui fit dresser la tête. Khnoumhotpou l’appelait ; Khâmâît, l’enfant préférée de Ramsès, se séparait de son confident et, en le quittant, mettait un doigt sur ses lèvres comme pour lui recommander le silence.
Le nain fit le même geste et, suivi de son chien, descendit les trois étages de la villa.
Il traversa les jardins de la cité royale, et il se dirigea par une longue allée de palmiers de Nubie vers les appartements privés du Pharaon.
Il passa devant les magasins, devant la caserne de la garde, devant le pavillon de la reine, et gagna la cour d’honneur. Là, les gardes lydiens, coiffés de leur casque rond, vêtus de la jupe égyptienne, armés de l’épée à double tranchant, étaient en faction près de la porte du palais.
On ne pénétrait pas facilement auprès du Pharaon Ramsès, Fils du Soleil, roi des deux Egypte, mais, comme nul n’ignorait que Khoumhotpou était le favori du maître, les soldats, dont quelques-uns jouaient aux dames, ne se dérangèrent même pas lorsque le petit homme et son compagnon à quatre pattes franchirent le seuil de sa demeure.
Le nain pénétra dans la salle d’honneur, ornée de colonnettes – vide en ce moment – où le Pharaon donnait ses audiences, et où l’on adorait le dieu-roi, passa sous la haute tribune parée de banderoles, où se tenait Ramsès lorsqu’il daignait recevoir ses sujets, et entra dans la chambre principale des appartements privés où des serviteurs s’empressaient à la toilette du Fils du Soleil. Il y avait là les barbiers royaux qui avaient le privilège exclusif de lui raser la barbe et les cheveux ; les coiffeurs qui plaçaient sur sa tête les perruques bleues et la tête de serpent ; les valets chargés chargés de polir ses ongles ; les parfumeurs qui noircissaient ses paupières et passaient sur ses lèvres et ses joues les fards blancs et roses ; puis ceux qui le revêtaient – car ce jour-là Pharaon se proposait d’offrir une sacrifice dans le temple d’Amon – de son costume de cérémonie : la longue robe de toile fine, le tablier tissé d’or et orné d’émaux de couleurs, et les sandales recourbées.
Knoumhotpou se prosterna devant le maître qui lui fit un geste amical, puis se réfugia dans un coin, où il se tint silencieux, tandis que la toilette s’achevait. Bientôt coiffeurs, barbiers, parfumeurs et valets s’inclinèrent à leur tour très profondément et disparurent à la file.
Or Ramsès, ayant d’un signe congédié officiers du palais et serviteurs, et achevé de dicter quelques ordres à un scribe accroupi qui les inscrivait sur un papyrus, Ramsès restait songeur, le front appuyé sur sa main droite.ao_t_003
« Knoumhotpou, dit-il, soudain, explique-moi, si tu le peux, pourquoi le maître de l’Egypte, le plus puissant roi du monde, le dieu, Fils du Soleil, est triste, toujours triste, pourquoi ses nuits ne sont que cauchemars, et ses jours que mélancolie, tandis que toi, l’être chétif et disgracieux, qui ne compte pas plus qu’un grain de poussière, tu as toujours aux lèvres de rire et les chansons.
- Seigneur, dit le nain, rien n’est plus simple. Puis-je vous parler à l’oreille ?
-
Approche-toi.
- Voici pourquoi vous êtes triste : avant-hier, un esclave du palais a dérobé une pastèque qui vous était destinée, l’a mangée, et est mort dans d’atroces souffrances. Pour le remercier de vous avoir épargné ce danger, vous vous proposez, dès que l’heure sera moins chaude, d’aller offrir un sacrifice à Amon, dieu protecteur de Thèbes.
- Est-ce tout ce que tu sais ?
- Non, Seigneur. Je sais encore ceci : lorsqu’il y a deux mois, le Pharaon, votre père glorieux, fut conduit au séjour des morts, là-bas, dans sa pyramide, bien qu’il vous eût choisi pour lui succéder, le bruit courut que des factieux voulaient mettre à votre place, sur le trône d’or…
- Qui donc ?...
-
 On a nommé quelques conspirateurs ; on a désigné plusieurs prétendants, et il n’y eut pas de preuves. Vous n’avez pas voulu punir sans être certain. Vous espériez quelque marque de repentir, lorsque la pastèque empoisonnée est venue vous apprendre que, dans l’ombre, se préparait un drame.
- Ensuite ?
- Ce sont les raisons qui assombrissent votre front. Moi, je n’ai pas d’envieux, nul ne songe à m’empoisonner, je n’ai pas le souci d’être un roi et un dieu. Ce sont les raisons qui font ma gaieté.
- Que raconte-t-on encore dans mon palais ?
- Que votre oncle Nakhiti est parti avant-hier pour chasser le lion, et qu’il sera désolé d’apprendre à son retour qu’un de ses esclaves a dérobé votre pastèque.
-
 Et pourquoi sera-t-il désolé ?
- Je l’ignore, Seigneur.
-
 Tu sais, au contraire, Khnoumhotpou, beaucoup trop de choses… On a vu disparaître parfois des serviteurs du Pharaon pour des motifs moins sérieux. »
- Le sourcil de Ramsès se fronçait durement ; le sourire du nain s’épanouissait au contraire ; et, négligemment, le petit homme grattait la tête de son lévrier.
« Votre Majesté veut-elle me permettre une proposition ?
- Voyons.
- Je gage un collier d’or contre la bastonnade que je ramènerai la joie dans votre cœur, et que je chasserai à jamais vos tristesses.
- Khnoumhotpou, tu seras bâtonné, crois-moi, si j’accepte ton offre.
- Que Votre Seigneurie essaie.
- Que dois-je faire ?
- C’est simple. La princesse Khâmâît voudrait vous montrer le nouveau jeu qui, depuis hier, fait la joie de toute la villa des Enfants. Faites-la venir ici, avant d’aller au temple d’Amon.
- Me prends-tu pour un petit garçon, dit Ramsès irrité, et crois-tu me distraire avec des amusements de bambins ?
- Seigneur, vous avez promis…
- Soit, je serai heureux de passer un instant avec ma fille chérie. Mais, Khnoumhotpou, tu seras bâtonné.
ao_t_001- J’aurai mon collier d’or. Pour m’aider à le gagner, Votre Majesté me fera une grâce : elle autorisera la princesse Khämâît à amener ses cousins Mykerinos, Amerès et Sahouri, fils de Nakhiti… et, lorsque vous les recevrez, la reine, votre auguste épouse, sera seule présente.
- Je t’accorde tout. Mais tu seras bâtonné, Khnoumhotpou. »…
Lorsque Khnoumhotpou entra, suivi de Khâmâît, de Mykerinos, d’Amerès et de Sahouri, Ramsès était assis dans un large fauteuil sculpté et doré, et garni de coussins. Derrière lui se tenait la reine Nofritari, dont les bras ornés du double bracelet d’or s’appuyaient nonchalamment sur le dossier du siège. Sur une tablette, une corbeille de fruits avait été préparée pour les enfants.
Khâmâît, souriante et coquette, ramena sur le côté sa longue natte brune, rajusta l’amulette – une abeille ciselée – qu’elle portait au cou, et vint s’incliner devant son père et sa mère, tandis que ses cousins, suivant la règle inflexible, se prosternaient jusqu’à terre aux pieds du Pharaon. Ramsès et la reine embrassèrent Khâmâît, et firent un signe aux trois fils de Nakhiti. Les trois garçons se relevèrent.
« Les cousins de Khâmâît sont les bienvenus, dit Ramsès. Vous ne sauriez nous être plus agréables qu’en vous amusant ici aussi librement qu’entre vous… Puisque notre fille chérie a eu l’heureuse inspiration de vous amener, nous serons heureux que votre jeunesse et votre vivacité mettent un peu de gaieté dans notre palais. »
Grâce à Khâmâît, les enfants oublièrent bientôt la présence des souverains, près desquels se tenaient Khnoumhotpou et son inséparable ami, Pirouît. Les jeux s’animèrent vite. On joua sans contrainte aux visites, puis aux métiers. Mykerinos était le plus gai de la bande… Il imitait avec des gestes bouffons le cordonnier perçant une sandale au moyen de l’alène, le cliquetis des navettes du tisserand, le barbier rasant son client ; Khâmâît l’excitait ; tout à coup elle s’écria :
« Nous allons jouer au voleur de pastèques…»
Et, en parlant ainsi, elle fit un signe à Knoumhotpou, qui se pencha vers le Pharaon, et lui dit très bas à l’oreille :
« Seigneur, regardez bien. »
Le jeu commence : une rangée de sièges représente la rue qui conduit à la place principale de Thèbes. Cette petite mise en scène s’inspirait évidemment des promenades faites à travers les ruelles tortueuses où les enfants aimaient à s’arrêter en allant au marché, pour regarder les forgerons manœuvrer avec les pieds leurs soufflets, ou le boulanger tenant par les jambes son fils qui, dans le four jusqu’à mi-corps, place les pains tout au fond.
Sur le dernier siège est assise Khâmâît, marchande de légumes et de fruits. Elle attend patiemment le client, et voici justement Mykerinos qui s’approche, suivi de son esclave Sahouri. Mykerinos est sollicité de tous côtés par les marchands de bijoux, d’onguents, de grains, d’outils, de liqueurs, mais c’est devant notre marchande qu’il s’arrête ; il examine, choisit une pastèque qu’il flaire avec soin pour juger de sa qualité. Il se décide enfin à l’acheter et remet en paiement le quart d’un outnou (L’outnou de cuivre pesait 91 grammes et servait de monnaie d’échange) de cuivre à Khâmâît, et la fruitière déclare à Mykerinos que c’est donné, et que « c’est bien parce que c’est lui. »ao_t_004
Mykerinos tend son achat à Sahouri et revient à la villa qu’il habite dans la cité du Pharaon. Là Mykerinos fait signe à Sahouri de s’éloigner, et, pendant qu’il continue à jouer sa petite scène, Khâmâît s’approche doucement et s’assied aux pieds de son père devenu très attentif.
Mykerinos a pris sa pastèque ; avec une lame très mince, près de la tige, il perce un trou, et il verse à l’intérieur une poudre, ou du moins fait le geste. Puis il appelle ses esclaves, Amerès et Sahouri. Il leur ordonne de préparer un panier de fruits magnifiques : dattes, figues, grenades, raisins séchés, parmi lesquels trônera, appétissante et parfumée, la pastèque à chair rose…
« Vous porterez cela, dit-il, dans les cuisines du Pharaon… Seul le Fils du Soleil est digne de ces fruits que son père a mûris. »
Il se fait apporter son arc et sa javeline et annonce qu’il va dans le désert chasser le lion.
Amerès et Sahouri sont restés seuls, et le jeu continue sous le regard anxieux de Ramsès, de Nofritari et Khâmâît. Les deux esclaves ont pris le panier ; ils se préparent à exécuter les ordres de leur maître… Mais comme ces fruits sentent bon ! Comme ils doivent être exquis… Amerès et Sahouri ne peuvent en détacher leurs yeux… Sahouri, le premier, cède à la tentation… Il dérobe une grenade… Mauvais exemple… ! Amerès se dit que Mykerinos chasse le lion, qu’il est parti pour plusieurs jours… Il entame la pastèque… Mais à peine a-t-il porté un morceau à ses lèvres qu’il tombe foudroyé…, mort !...
Ce jeu est fini… Pharaon s’est levé, pâle.
« Que signifie cette scène ? demande-t-il avec une émotion contenue à Mykerinos.
- Elle signifie, je pense, Seigneur, répond l’enfant, qu’Amon, dieu de Thèbes, punit les gens voleurs et gourmands, ainsi qu’on nous l’enseigne, car l’aventure est arrivée hier à un esclave que mon père avait chargé devant nous de vous porter des fruits…, tandis qu’il chasse dans le désert   »
Ramsès resta pensif une seconde…, puis il dit, avec calme :
« Mes enfants, Amon est en effet un dieu juste qui punit les méchants, et l’heure est venue pour moi d’aller à mon temple. Votre jeu m’a plu. Mykerinos, Amerès et Sahouri m’ont charmé par leur intelligence, et je veux qu’avant de regagner la villa des Enfants, tu leur fasses servir, Khnoumhoptou, des gâteaux au miel, des sirops et des citrons confits. Va… »
Et il ajouta, s’adressant à son nain favori :
« Tu auras ton collier d’or, et mieux encore ! »
Lorsque les trois fils de Kakhiti furent sortis, joyeux des friandises qui leur étaient promises, le roi et la reine prirent Khâmâît dans leur bras :
« Enfant que nous chérissons plus que tout au monde, dit Ramsès, tu possèdes un lourd secret… Ton esprit subtil, qui a su deviner le crime dans un jeu innocent et m’en faire juge sans accuser personne, comprendra bientôt que le coupable est puni…, et tu n’en diras rien… Nous avons confiance.
- Je vous aime, » dit simplement la petite fille.
l est maintenant quatre heures… Le Pharaon et la Reine partent pour le temple d’Amon auquel ils vont immoler un taureau…
Le cortège magnifique s’ébranle ; le char du roi et le char de Nofritari s’avancent suivis d’une escorte de princes, de grands dignitaires, de porte-étendards, de porte éventails, de lanciers armés de la pique, de la hache et du bouclier…
Du haut de la terrasse de la maison des Enfants royaux, Khâmâît regarde le défilé. En passant, Ramsès et Nofritari lui ont souri…, et elle suit longtemps des yeux le cortège qui disparaît enfin dans la poussière d’or du soleil qui tombe sur l’horizon.
Longtemps encore elle rêve. Elle se dit qu’elle a fait son devoir, mais elle s’attriste en pensant que Sahouri, Mykerinos et Amerès, ses cousins, ne sauront jamais pourquoi leur père Nakhiti, qui voulait offrir une pastèque au roi, n’est pas revenu de la chasse au lion… Et, sur le sol, gisent abandonnés, poupées de terre émaillées, pigeons et canards à roulettes, toupies et ballons : tous ces jouets ne l’intéressent plus, car on n’est plus une enfant quand on possède un si terrible secret !

Jean CASTINE

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vendredi 04 mars

Shourba Al-Imma - Potage au riz avec des boulettes

Ingrédients : Viande hachée (agneau ou boeuf), 500 g
                            Riz, 100 g, deux oignons, deux gousses d'ail,
                            Cannelle en poudre
                            Persil
                            Farine
                            Bouillon de légumes
                            Huile d'olive

Préparez 2 litres de bouillon de légumes aromatisé avec une demi-cuiller à café de cannelle.
Pendant qu'il cuit, mélangez intimement la viande, les oignons et l'ail que vous aurez pelés et hachés, du sel , du poivre et une pincée de cannelle. Façonnez des boulettes de la grosseur d'une noix. Roulez-les dans la farine puis mettez-les à frire dans l'huile bouillante. Retirez-les et déposez-les sur un papier absorbant.
Plongez les boulettes dans le bouillon. Au bout d'un quart d'heure ajoutez le riz et faites-le cuire juste ce qu'il faut.
Servez cette soupe bien chaude après l'avoir poudrée de persil haché.

Pour préparer le bouillon de légumes on fait cuire une carotte, un oignon, une branche de céleri et une petite tomate, à petits bouillons, dans de l'eau peu salée (ou bien, on dilue une tablette...)

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vendredi 25 février

Der el-Bahari et la montagne d'occident

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Le grand temple funéraire de Deir el-Bahari, construit par la reine Hatshepsout (XVIIIe dynastie), s'érige dans l'un des plus remarquables décors naturels de l'Egypte, au pied des falaises de la Cime de l'Occident, en forme de pyramide. Il correspondait donc au temple haut du complexe pyramidal. On a d'ailleurs retrouvé les vestiges d'un temple bas, ce qui prouve la complète identification de la montagne avec la pyramide. Le site entier était consacré à l'Hathor du Couchant, protectrice des morts. L'architecture du temple destiné aux cérémonies du culte funéraire de la reine, de son père Thoutmosis Ier et son frère et époux Thoutmosis III est visiblement inspirée des formes mêmes du paysage auquel il emprunte à la fois les lignes horizontales des ses strates et les cannelures verticales de la grande falaise. Ses lignes s'harmonisent sans hiatus avec celles de la montagne sacrée, et il fait véritablement corps avec elle. A gauche de la photo, les ruines du temple de Mentouthotep (XIe dynastie, 2055 av. J.-C.). Il comportait jadis une pyramide édifiée sur colonnade qui n'était que la transposition architecturale de la Cime de l'Occident elle-même.
Extrait du livre : Trésor de l'Egypte par Samivel -1954-

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samedi 22 janvier

Bracelets de la reine Ouret

Dahchour, complexe funéraire de Sésostris III, tombe d'Ouret ; fouilles du Métropolitan Museum of Art (1994-num_risation_janvier11_0011995) , XIIe dynastie, période du règne d'Amenemhat II à celui de Sestrotis III (1932-1842 av. J.-C.)

Portés aussi bien par les femmes que par les hommes, les bracelets étaient un type de bijoux très répandu. Ces joyaux furent retrouvés, avec d'autres, dans une petite pièce murée de la tombe de la reine Ouret, mère de Sestrosis III. Ils sont formés de deux rangs de perles en or, turquoise, cornaline et lapis-lazuli. Longueur : 15 cm. Des fermoirs en or, décorés d'un motif en forme de tresse, assurent la fermeture des bijoux, grâce à un système de rainures et à languettes. Les deux petits lions en or insérés au centre des bracelets symbolisent le pharaon et possèdent sans doute une fonction protectrice.

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vendredi 14 janvier

La légende de Sethos

num_risation_janvier11_002L'histoire de Sethos, fils d'un batelier du Nil et, plus tard, ministre du roi Mykerinos, nous est très connue. Elle nous est contée tout au long par une fresque brune qui se déroule autour des murailles de son tombeau.
Le père de Sethos dirigeait, tout le jour, une barque qui transportait le long du Nil de lourdes pierres de granit, les charges de blé et les jarres pleines d'huile de palme. Deux boeufs patauds tiraient la barque sur la rive.
Sethos jouait tout le jour entre le ciel bleu et l'eau claire. Il cueillait les lotus que la barque frôlait ; ou bien il jetait des pierres aux crocodiles qui dormaient et, comme des troncs d'arbres rugueux, se laissaient aller à la dérive.
Parfois Sethos s'ennuyait, parce qu'il voyait toujours les mêmes rives plates et que le bruit de l'eau lui semblait monotone. Mais un jour, tandis qu'il dormait, son père posa entre ses bras une bête au corps velu.
C'était un petit lion dont les chasseurs avaient tué la mère. En passant ils avaient donné le lionceau au batelier. Sethos l'appela Aken, obtint qu'on le nourrit avec du lait, et bientôt ils devinrent deux grands amis. Quand Sethos dormait, Aken veillait gravement sur lui et passait longuement sa langue rugueuse sur les petites mains croisées.
Malheureusement Aken grandit. Il aimait toujours Sethos, qui ne craignait ni ses griffes puissantes, ni sa gueule énorme. Mais Aken était violent. Quand il descendant sur la rive, il terrassait parfois les chiens des villageois et, un jour, il égorgea un âne qu'il avait surpris au coin d'un champ.
Il fut décidé qu'on le tuerait. Sethos pleura beaucoup en serrant entre ses petits bras la tête rugueuse de son ami. Aken immobile et pensif semblait comprendre qu'un danger le menaçait, et il regardait mélancoliquement la ligne jaune du vaste désert que ses yeux ne devaient plus revoir.
La barque s'était arrêtée dans une anse, à l'ombre des hauts papyrus. Sethos, lui aussi, regardait le désert.
"Aken, dit-il, sauve-toi. Comprends-tuComprends-tu ? Tu es maintenant trop fort et trop sauvage. Mon père t'aime bien, mais il sera puni à cause de tes méfaits. Oublie ton ami Sethos. Sauve-toi. Retourne au désert, où tu ne craindras plus les hommes.
Aken se leva, bâilla, fronça son mufle, regarda Sethos qui lui causait tendrement. Puis, en quelques bonds, il s'enfonça entre les collines. La nuit suivante, l'enfant entendit vibrer dans l'air des rugissements lointains : le lion célébrait sa délivrance.
Les jours passèrent.
Sethos, d'abord triste, finit par oublier son ami lion. Il était plus fort maintenant, et il aidait son père à ranger les marchandises du bateau ou à aiguillonner les boeufs indolents. La vie coulait, monotone, sous le même ciel bleu, sur les mêmes eaux tranquilles.
Vint le temps où le père de Sethos dut payer les impôts au roi Mykerinos. Or, les Égyptiens ne connaissaient pas l'argent. Ils donnaient aux intendants du roi le blé de leurs champs, l'huile de leurs celliers ou le travail de leurs bras.
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Mykerinos construisait l'immense pyramide qui porte son nom. Toute une armée de travailleurs taillait dans les montagnes les blocs de granit, les charriait par les chemins, les amenait par les bateaux du Nil, les hissait, d'assises en assises, toujours plus haut. Les hommes haletaient sous le soleil éclatant, mais la volonté du maître et les coups de bâton les redressaient.
Le père de Sethos, pendant toute une lune, devait amener des pierres depuis les carrières, jusqu'aux chantiers. Malheureusement un des boeufs mourut. Tout le jour, à côté de celui qui survivait, le batelier tendait ses muscles pour haler la barque. Pourtant elle n'avançait pas vite. Le besogne était en retard.
"Homme, dit le chef des ouvriers d'un air dur, achète un autre boeuf. Il faut que le travail de Mykerinos s'achève.
- Je n'ai ni blé, ni huile, ni marchandises pour le payer. Je n'ai pas pu travailler.
- Fais tirer ta femme et ton fils. Si ces pierres ne sont pas amenées au chantier à la date fixée, tu seras emprisonnés."
Le batelier reprit tristement sa besogne sur le Nil. La prison, c'était, pour sa femme et son enfant, la misère et la fin. Il faudrait vendre la barque et s'en aller mendier par les bourgs sous les risées des gamins et les moqueries des vieilles femmes. Au lieu de dormir, il voulut continuer la nuit son travail. Sous la clarté froide de la lune, au milieu du silence universel, on entendait le grincement du cordage, le pas lent du boeuf et le halètement du batelier. Les pierres s'amoncelaient sur le chantier. Le chef des ouvriers serait satisfait, et l'on pourrait pendant des mois et des mois reprendre la vie heureuse et les lents voyages tranquilles sur le Nil. Mais un jour, sous le soleil plus
num_risation_janvier11_004ardent, le boeuf s'affaissa. En vain on essaya de le relever. Le travail de la nuit l'avait tué comme son camarade.
Désespéré, le batelier s'assis sur la rive. La nuit était froide et claire. Un sphinx gigantesque allongeait jusqu'au Nil son ombre énigmatique. Seul, tandis que sa femme et Sethos dormaient, l'homme fixait sur sa barque ses yeux désespérés. Elle était maintenant immobile pour toujours et, dans quelques jours, le chef des ouvriers viendrait réclamer son dû.
La prison l'attendait. Plus de nuits lumineuses et de journées éclatantes. Plus de vie libre et joyeuse, mais les murs froids d'un cachot, et la misère quand il sortirait. Le batelier pleura de longues heures.
Le jour vint. Sethos éveillé regardait avec de grands yeux étonnés le boeuf étendu, son père assis d'un air morne, et la barque immobile sur le bord du Nil. Puis il comprit à son tour, et comme son père il pleura.
Il essaya bien de joindre ses forces à celles de son père, mais la barque avançait à peine, et il aurait fallu des jours et des jours pour achever la tâche commandée.
Les villageois plaignirent les infortunés, mais la tyrannie de Mykerinos les opprimait eux aussi, et ils n'avaient pas trop de toutes leurs ressources pour satisfaire ses intendants.
Le jour passa. Une nouvelle nuit survint. Le batelier, résigné à son sort, restait assis sans bouger sur la rive du fleuve. Il regardait au loin la silhouette de la gigantesque pyramide sortir des brouillards du matin ou s'enfoncer dans la brume du soir, et il lui semblait que tout le poids de ses pierres pesait sur ses épaules.
Sethos dormait à ses pieds, brisé de tristesse et de fatigue et, comme toutes les nuits, la lune ronde montait au-dessus des collines.
Soudain un rugissement violent déchira l'air, si soudain et si proche que le pauvre homme, sa femme et son fils, réveillés en sursaut, eurent la sensation qu'ils ne pouvaient plus échapper et que le lion était sur eux.
Et ils restaient immobiles, serrés les uns contre les autres, glacés d'épouvante et les yeux grands ouverts.
Un bâillement rauque troubla le silence à nouveau. Une forme noire bondit. Sethos ferma les yeux... et il sentit un mufle humide qui caressait sa poitrine, une langue chaude et rugueuse qui cherchait ses mains.
"Aken ! Aken !" cria-t-il.
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La minute d'après il pleurait dans la crinière du lion accroupi près de lui, et il lui racontait ses misères, la mort des boeufs et les menaces du chef des ouvriers.
"Si tu voulais, disait-il,... si tu voulais... Tu es fort, Aken, plus fort que dix boeufs. Tu pourrais tirer notre barque pendant quelques jours, et tu retournerais au désert après avoir sauvé ton ami Sethos. Sans doute ce n'est pas le métier d'un lion de traîner une barque avec licol au cou. Mais tu la traîneras la nuit, et je serai si heureux !"
Sans doute Aken comprenait, car il regardait Sethos avec de larges yeux bienveillants.
Il le suivit docilement quand il s'approcha de la rive du fleuve, docilement il se laissa passer au cou le cordage tressé.
Le lendemain matin, plein d'étonnement et d'épouvante, le chef des ouvriers vit arriver sur le bord du chantier un lion qui halait gravement une barque sur le Nil, et, parmi les pierres de granit, Sethos qui dansait de joie en chantant les louanges d'Aken.
Ce fut là le commencement de la fortune de Sethos, qui plus tard prit le nom de Touthemès Salen ou "le fils du lion".

D. MORNET - Janvier 1907

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lundi 03 janvier

Une année de bonheur

Pour la rêveuse que je suis, la fin de l'année est le moment préféré
Après avoir rencontré le Maître du rêve, le Père Noël,
Voilà un bateau qui est toujours à l'heure: celui de la nouvelle année !
Une nouvelle croisière de 12 mois que je vous souhaite la plus belle.

N'ajoutons pas des années à la vie mais de la vie aux années:
J'ai trouvé que c'était un bien sage proverbe chinois
C'est pourquoi qu'en plus d'amour, d'argent et de santé
Je vous souhaite à toutes et tous 365 jours de joie.

le_nil14

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lundi 11 octobre

Faveurs accordés par Amasis aux Grecs

Pour gagner l'affection du peuple et celle de la caste sacerdotale, il érigea plusieurs temples aux dieuxnaucratis nationaux et décora les autres statues. En même temps il montrait aux Grecs une bienveillance qui les attirait en Egypte. Il leur donna Naucratis pour résidence, et permit à ceux qui, ne venant en Egypte que pour leur commerce, n'y résidaient pas, d'élever des temples et des autels où ils pouvaient sacrifier à leurs dieux.
Ce même esprit libéral se retrouve dans la politique étrangère. Il ne fit point de guerre, si ce n'est contre les Cypriotes, qu'il obligea à lui payer tribut ; mais il noua d'étroites relations avec les Etats voisins, avec les rois d'Assyrie et de Lydie, avec les Grecs de Cyrène, au milieu desquels il prit la reine Ladicée, fille d'un prince de ce pays, et, lorsqu'un incendie eut détruit le temple de Delphes, il donna 1000 talents d'alun pour aider à sa reconstruction. D'autres villes grecques reçurent de lui d'autres présents.