L'émeraude du Nil

Tout ce que je trouve sur l'Egypte !

jeudi 15 octobre

Le temple l'Isis, perle de Philae

L'entrée  principale du temple telle que la vit David Roberts au XIXe siècle.

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lundi 12 octobre

Origine des Egyptiens

portraitnoirOn a dit longtemps qu'au sud de l'Egypte, dans la contrée improprement appelée l'île de Méroë, entre le Nil et l'Astaboras, exista autrefois un Etat puissant, dont les colonnies, conduites par les prêtres d'Osiris, descendant le cours du fleuve, fondèrent Thèbes, bâtirent des temples à This et à Eléphantine, rassemblèrent en petits Etats les pâtres et les laboureurs des bords du Nil et peuplèrent progressivement la moyenne Egypte, puis le Delta. Il faut renoncer à cette opinion, car on n'a pas encore trouvé dans la haute Egypte de monument antérieur à la douzième dynastie ; au lieu de descendre la vallée du Nil, la civilisation l'a remontée, et c'est l'Egypte qui a colonisé l'Ethiopie. Par ses traits, l'Egyptien se rattachait non pas aux nègres d'Afrique, mais aux races blanches de l'Asie antérieure, et, par sa langue, aux idiomes sémitiques.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy

vendredi 09 octobre

Pectoral avec un scarabée ailé

Or, argent, pierres dures et pâte de verre. Largeur : 14,5 cm - Hauteur : 14,9 cm7812092_p

L'élément central de ce pectoral ouvragé est un scarabée ailé en calcédoine verte, symbolisant le Soleil, incrusté dans le corps d'un faucon. Les pattes antérieures et la pointe des ailes de cet animal hybride soutiennent une barque céleste contenant l'oeil gauche d'Horus, emblème de la Lune, surmonté d'un disque lunaire en argent et d'un croissant en or.
Sur le disque, le pharaon apparaît flanqué du dieu lunaire Thot et du dieu solaire Rê-Horakhty dans une attitude protectrice. Des fleurs et des boutons de papyrus et de lotus, emblèmes respectifs de Haute et de Basse-Egypte, sont représentés dans la partie inférieure du pectoral.

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jeudi 08 octobre

URGENT : on a besoin de votre aide

poneyUrgent : un cheval à sauver, vous pouvez y contribuer en cliquant sur le lien ci-dessous, on ne vous demande qu'un clic de souris, alors SVP un petit geste d'amour. Merci.

PS : n'hésitez pas à transmettre à vos connaissances.

http://www.actuanimaux.com/nous_soutenir.php

Un clic de souris par jour pour sauver des animaux, défendre des causes animales, comme la corrida par exemple. Alors mettez ce lien dans vos favoris.

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mercredi 07 octobre

Abou Simbel : le découpage

Il faut qu'en Août 1966 les deux temples d'Abou Simbel soient entièrement découpés ; les travaux de réédification sur le haut de la colline se prolongeront jusqu'en mai 1970. En juillet-août 1965, la frise des singes qui bordait la partie supérieure du grand portail a été découpée. Sculptés dans le grès de la colline, les singes ont deux mètres de haut ; pendant 3000 ans, ils ont salué sur la façade du temple le lever du soleil à son lever, dès qu'il apparaissait au-dessus des collines situées sur la rive opposée.

Le découpage du grand temple d'Abou Simbel a commencé ; 300 000 tonnes de roches ont été enlevées, la colline dans laquelle était creusé le temple a été écrêtée. Sur la façade, la frise des singes et l'inscription hiéroglyphique qu'elle dominait ont été découpées par blocs. En août dernier, le plafond du sanctuaire a été enlevé et les dieux de l'ombre ont pour la première fois reçu d'en haut la lumière.8137667_p

Les travaux qui se déroulent actuellement à Abou Simbel -les premiers de leur genre dans le monde- n'ont pas d'autre objet que de sauvegarder dans leur intégralité pour les générations futures deux monuments uniques qu'il s'agit de transporter, fragment par fragment, dans le même site, mais à un niveau tel que les eaux emmagasinées par le Haut-Barrage ne puissent jamais les atteindre.

La première étape des travaux, préparatoire, est en voie d'achévement. Il fallait tout d'abord isoler les deux temples de la montagne dans laquelle ils sont creusés, en enlevant toute la masse rocheuse qui les surmonte.

Cela imposait des mesures de précaution très précises : ensablement total des deux façades pour éviter que, dans leur chute possible, des blocs n'endommagent les statues ; installation, à l'intérieur des deux monuments, d'échafaudages pour soutenir les plafonds.

Certes, l'arrivée à Abou Simbel incline à des pensées mélancoliques. Pour qui connaissait Abou Simbel, tout charme est rompu dès l'arrivée. Et la vue des deux façades ensablées, le long cheminement dans le tunnel métallique obscur qui mène à l'intérieur des monuments ou encore le savant enchevêtrement des échafaudages qui remplit les différentes salles ne peuvent modifier cette pénible première impression.

Mais, lorsque la raison finit par l'emporter sur les sentiments, tout s'éclaircit. Le batardeau, constitué de près de 400 000 m3 de matériaux et dont la crête s'élève aujourd'hui à 135 mètres au-dessus du niveau de la mer, est là pour rappeler la menace mortelle qui pesait sur ce site historique de première importance ; s'il ne dressait pas sa masse imposante en avant des deux temples d'Abou Simbel, ceux-ci, depuis l'hiver 1964-1965, auraient déjà été inondés et endommagés, et, peut-être, certains de leurs éléments - les piliers de et les statues colossales qui s'y adossent, plus particulièrement - seraient-ils déjà détruits.

8137687_pD'ores et déjà, le grand temple est isolé de la masse compacte qui l'environnait. Et, en août 1965, le premier plafond, celui du sanctuaire, a été découpé en trois blocs pesant chacun entre 15 et 20 tonnes. Ces blocs ont été soulevés par une grue géante et transportés non loin du site où ils seront, l'an prochain, remis en place. Et l'on s'active à creuser une tranchée en arrière du sanctuaire pour procéder plus aisément au découpage des parois de cette salle et des quatres statues assises qui en sont l'ornement essentiel.

Parallèlement, en façade, d'autres blocs ont été précautionneusement taillés et emmagasinés : tout d'abord ceux qui entourent directement la partie sculptée, la façade-pylône du monument, et qui seront réemployés à la reconstruction, afin que le cadre soit constitué par la roche d'origine; puis ceux de la façade proprement dite : frise des singes, corniche et inscription hiéroglyphique, qui se trouve juste au-dessous de singes. A la fin du mois d'août, on était  arrivé au tore horizontal et l'on envisageait le découpage prochain du sommet de la couronne de la statue colossale assise au sud de la façade.

Au-dessus du petit temple, l'enlèvement de la masse rocheuse a commencé beaucoup plus tard ; on vient tout juste d'atteindre la série de blocs qui sera réutilisée lorsque l'édifice sera reconstitué. Mais, comme ce monument est plus petit que son voisin, il sera plus facilement découpé et, dans un proche avenir, on procèdera, avant même que tous les blocs du grand temple ne soient transportés, au réassemblage des fragments du petit temple sur le terre-plein que l'on est actuellement en train de préparer.

En effet, au fur et à mesure que l'on s'élève de la rive sur le plateau qui domine les temples d'Abou Simbel, on passe par une succession de chantiers. En bas, on taille dans le roc vif ; en haut on nivelle pour asseoir les fondations nouvelles des deux édifices ; non loin de là, des ponts roulants aident à l'emmagasinage des blocs que des camions-remorques amènent plusieurs fois par jour.

Un réseau de routes asphaltées relie entre eux ces différents centres d'activité où l'on s'affaire 24 h sur 24. Ces routes conduisent aussi plus au sud vers un village - presque une bourgade - qui est à peu près entièrement achevé. Les ateliers et les magasins de matériel sont proches des chantiers, comme les installations qui fournissent l'eau et l'électricité. Plus loin s'élèvent les bureaux d'études et les maisons d'habitations (les ingénieurs ont souvent avec eux leur famille - femmes et enfants) autour du mess et du club, où l'on creuse actuellement une piscine ; et l'on a transporté devant ces maisons, simples parallélipipèdes, comme le sont les maisons de style nubien, des masses limoneuses arrachées à la rive quand le lac a atteint son niveau le plus bas et juste avant le début de la crue, pour y planter une végétation arbustive et florale. Enfin, au-delà de l'hôpital, les maisons voûtées des ouvriers cachent la piste où atterrissent les petits avions qui assurent quotidiennement une liaison rapide avec Assouan.

Le plateau désertique qui, jusque-là, était le domaine réservé des scorpions, serpents, des chacals et des hyènes, est maintenant sans cesse animé par le va-et-vient régulier des équipes d'ouvriers, par les camions de transport, par les microbus qui transportent les chefs de chantier et les ingénieurs, ou par les voitures légères qui conduisent les dirigeants de cette énorme entreprise aux points où se déroulent les opérations les plus délicates. Ici, comme ailleurs en Nubie, les oiseaux sont rares ; ils ont fui vers des régions plus verdoyantes. Seuls se sont groupés, sur la bordure occidentale du village, des vautours venus d'on ne sait où.

Sans relâche, pendant les heures torrides de l'été comme pendant les nuits presque glaciales de l'hiver nubien, ingénieurs, chefs de chantier et ouvriers travaillent à sauver des eaux menaçantes les deux sanctuaires d'Abou Simbel. A la fin de 1966, la reconstruction du petit temple sera très avancée et l'on procédera à la remise en place des premiers blocs du grand temple. Et, deux ou trois ans plus tard, les visiteurs d'Abou Simbel auront la surprise et la joie de constater qu'un rêve est devenu réalité : le lac de retenue, après avoir fixé définitivement sa rive occidentale, reflètera à nouveau les façades prestigieuses derrière lesquelles les deux monuments seront reconstruits dans leur intégralité au coeur d'une nouvelle montagne.

A l'époque modernene nous voyons renaître la plus belle des légendes du mythe osirien. On se souvient, en effet, que Seth, jaloux d'Osiris, s'en saisit en l'enfermant par ruse dans un coffre ; et, pour assurer définitivement son pouvoir sur l'Egypte, il tua son frère et le coupa en une vingtaine de morceaux qu'il dispersa dans les eaux du Nil. Isis, l'épouse d'Osiris, descendit alors le cours du fleuve et, recueillant un à un ces morceaux échoués ici où là, finit par reconstituer le corps d'Osiris qui, après avoir subi les rites magiques de l'embaumement, eut juste le temps d'assurer sa succession terrestre en procréant Horus, avant de devenir, dans le monde souterrain, le dieu des morts.

Le Courrier - Une fenêtre ouverte sur le monde - Unesco - Novembre 1965

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mardi 06 octobre

Ses travaux ; l'obélisque de Louqsor

Au  bout de neuf ans, continue Diodore, Sésostris revint dans ses Etats, traînant d'immenses dépouilles et une foule de captifs qu'il fit travailler à l'assainissement et à l'embellissement de l'Egypte. Il bâtit des villes, éleva des chaussées, pour que les habitants pussent communiquer entre eux pendant l'inondation. Diodore lui attribue encore le partage de l'Egypte en trente-six districts appelés nomes, à chacun desquels il préposa un monarque chargé du recouvrement des impôts et des autres fonctions administratives ; mais c'était une très-ancienne division du pays.
8794633_pLes monuments qu'il construisit sont en nombre indéfini. Il éleva ou acheva le grand temple de Phtah à Memphis, le Ramesséum à Thèbes, les magnifiques constructions qu'on voit encore à Karnak, le temple des colosses, les obélisques de Louqsor, dont l'un s'élève aujourd'hui sur la plus belle de nos place, les deux temples d'Ibsamboul, creusés dans le roc ; la façade de l'un est décorée de huit cariatides hautes de 12 mètres ; celle de l'autre, le Spéos de Phra, s'annonce par quatre colosses haut de 20 mètres, taillés en plein dans la montagne et qui de là dominent majestueusement le fleuve et le désert.
Quelques écrivains placent la sortie d'Egypte des Israélites sous Ménephtah, fils de Ramsès II, ou sous son petit-fils, Séti II, "alors que le pays d'Egypte s'en allait à la dérive."

L'obélisque qui se trouve maintenant à Paris a été pris dans les ruines de Thèbes. C'est un seul morceau de granit rose, haut de 22m,83, large à sa base de 2m,44, pesant 220 528 kilogrammes. Les quatre faces de l'obélisque sont recouvertes de caractères hiéroglyphiques au nombre de 1 600, distribués sur chaque face en trois bandes longétudinales et parallèles, les caractères de la bande du milieu étant sculpté à 14 centimètres de profondeur, ceux des deux autres à une profondeur moitié moindre. Les inscriptions se divisent sur chaque face en trois parties :ruines_de_louxor
* immédiatement au-dessous deu pyramidion, le bas-relief des offrandes, qui occupe toute la largeur de chaque face ;
* en tête de chaque colonne d'hiéroglyphes, un encadrement surmonté de la figure de l'épervier symbolique avec la coiffure royale, et terminé en franges ; c'est la bannière royale ; elle renferme les titres du prince nommé dans l'inscription ;
* l'instruction proprement dite, dont les signes, divisés en trois colonnes parallèles, se lisent de haut en bas. Quelques groupes de signes sont enfermés dans un encadrement régulier. Ces encadrements ou cartouches contiennent les noms propres des rois ou des divinités. Les cartouches de l'obélisque de Paris rappellent les noms de Ramsès II, qui en commença les sculptures, et ceux de Ramsès III, qui les acheva, il y a 3400 ans. Les inscriptions célèbrent la gloire des deux rois, leurs victoires, leur piété, et rappellent les monuments qu'ils ont élevés. Dans le bas-relief des offrandes, Ramsès, coiffé du pschent complet, symbole de son autorité sur la haute et basse Egypte, et surmonté du globe ailé du soleil, fait au grand dieu éponyme de Thèbes, Ammon-Râ, l'offrande du vin. Aux louanges d'usage, la colonne médiale ajoute que Ramsès est le fils préféré du roi des dieux, celui qui sur son trône domine le monde entier. On mentionne le palais qu'il a fait élever dans l'ôph du midi (la partie méridionale de Thèbes). Le titre de bienfaisant lui est donné dans l'inscription de droite, qui ajoute : "Ton nom est aussi stable que le ciel ; la durée de ta vie est égale à la durée du disque solaire." Ramsès porte, dans la bannière de l'inscription de gauche, le titre de chéri de la déesse de la vérité, l'engendré du roi des dieux pour prendre possession du monde entier. Les trois colonnes sont uniformément terminées par un cartouche contenant le nom propre du roi, le fils du Soleil, le chéri d'Ammon, Ramsès.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy

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samedi 03 octobre

Pompage du Nil, Papyrus,

Typique du Delta, où il formait de véritables forêts, le papyrus, symbole de joie et de jeunesse, était 9107630_paussi cultivé dans les jardins.

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Pompage de l'eau du Nil pour l'irrigation
Aquarelle de David Roberts
Egypt and Nubia, 1846-1849

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mercredi 30 septembre

Statue du Ka d'Aouibrê Hor

Bois, feuille d'or et pierres dures ; hauteur de la statue : 170 cm ; hauteur du naos : 207 cm. Dahchoûr, complexe funéraire d'Amenemhat III ; XIII° dynastie, règne d'Aouibrê Hor (XVIII°-première moitié du XVII° siècle avant J.C.)

Pour les Egyptiens de l'antiquité, chaque individu était composé de cinq éléments de nature immatérielle :8537133_p l'ombre, l'akh (la forme spirituelle prise par les dieux et les défunts), le ba (donnant la puissance et l'emblème de la personnalité de chacun), le nom (identifiant chaque individu) et le ka (la force vitale). Afin de garantir au défunt la poursuite de la vie après la mort, il fallait fournir de la nourriture et des boissons à son ka, qui demeurait auprès du corps momifié et en prenait possession à intervalles réguliers, afin de s'approprier l'essence des offrandes déposées dans la tombe.
Placées dans les chambres funéraires, les statues personnifiant la force vitale du défunt constituaient la matérialisation physique pour le ka. Telle est la fonction de cette sculpture raffinée en bois d'Aouibrê Hor. Sur la tête du pharaon se dressent deux bras ouverts représentant le signe hièroglyphique symbolisant le ka. Encadré d'une perruque tripartite et striée, le visage est extraordinairement animé par des yeux profonds et lumineux incrustés de cristal de roche, de quartz et de bronze. La barbe divine, à l'extrémité arrondie, est l'unique emblème royal encore en place. La figure, complètement nue, conserve cependant les traces d'un collier, d'une ceinture et d'un pagne, tandis que les mains devaient originellement tenir un sceptre et un bâton. Les bras, les extrémités des pieds et la jambe gauche avaient été travaillés à part, puis réunis au reste du corps à l'aide de tenons. De rares traces de feuille d'or permettent d'affirmer que certaines parties étaient recouvertes, à l'origine, de ce précieux métal. La statue fut mise au jour à proximité de la pyramide d'Amenemhat III, à l'intérieur d'un petit naos en bois.

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dimanche 27 septembre

Porte de Philadelphe et Le Temple d'Isis

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...tel qu'il a été reconstitué sur l'île d'Agilka de 1972 à 1980, sous l'égide de l'Unesco.

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jeudi 24 septembre

Premier établissement des Grecs en Egypte (656)

Cette révolution ouvrit pour l'Egypte une nouvelle période qui ne fut pas sans gloire. L'esprit de conquête se ranima, les entreprises maritimes recommencèrent, et les guerres avec l'Assyrie rétablirent momentanément l'ancienne influence de l'Egypte au dehors.
Devenu seul roi avec le secours des étrangers, Psamétik s'appuya sur eux et appela un grand nombre de Grecs auprès de lui, en leur donnant des terres aux environs de Bubaste. Il leur confia même des enfants égyptiens auxquels ils enseignèrent le grec, de sorte que, depuis ce temps, il y eut en Egypte une classe d'interprètes. Les guerriers, mécontents de la faveur dont les nouveaux venus étaient l'objet, émigrèrent au nombre de 240 000 dans la presqu'île de Méroë, que forment à leur confluent le Bahr-el-Azrek et le Bahr-el-Abyad.
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Mais Psamétik se ménagea l'alliance de la classe sacerdotale en construisant, à Memphis, les propylées du temple de Vulcain, et en bâtissant le temple où le boeuf Apis était nourri. La défection de l'armée ne l'empêcha pas de recommencer les guerres de ses prédécesseurs contre les peuples de la Palestine, et il s'empara, au pays des Philistins, de la forte place, d'Asdod, qui était comme la clef du passage entre la Syrie et l'Egypte. Des soins donnés à l'administration de l'Etat, les revenus augmentés par la protection accordée au commerce extérieur, et des relations, de jour en jour plus multipliées, avec la Grèce et la Phénicie, signalent encore le règne de Psamétik.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy

lundi 21 septembre

Chant Ethiopien

Apportez-moi des fleurs odorantes,
Pour me parer, compagnes errantes;
Pour te charmer, ô mon bien-aimé.
Déjà le vent s'élève embaumé.

Le vent du soir fait flotter vos pagnes.
Dans vos cheveux, pourquoi mes compagnes,
Entrelacer ces perles de lait ?
Mon cou - dit-il - sans perles lui plaît.

Mon cou qu'il prend entre ses bras souples
Frémit d'amour. Nous voyons, par couples,
Tout près de nous, entre les roseaux,
Dans le muguet, jouer les oiseaux.

Le blanc muguet fait des perles blanches.
Mon bien-aimé rattache à mes hanches
Mon pagne orné de muguet en fleur ;
Mes dents - dit-il - en ont la pâleur.

Mes blanches dents et mon sein qui cède
Mes longs cheveux, lui seul les possède.
Depuis le soir où son oeil m'a lui,
Il est à moi ; moi à lui.

Charles CROS

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vendredi 18 septembre

Statuette de porteur - Le Caire

8743444_pBois peint, hauteur : 36,5 cm ; Meir, Tombe de Niankhépi - Fouilles du service des Antiquités (1894) - VIe dynastie - Règne de Pépi Ier (2289-2255 av. J.-C.)

Cette figure appartient à la catégorie des "serviteurs" destinés à servir leur maître pour l'éternité. Cette statuette fut retrouvée parmi d'autres semblables dans la tombe d'un haut dignitaire de la VIe dynastie, Niankhépi dit "le Noir", comme l'énonce l'inscription qui, à la base de la statue énumère tous ses titres.
Le serviteur, en mouvement, porte sur le dos un sac décoré de motifs léopard, pourvu de deux ailettes à la base destinées à maintenir le sac posé sur le sol. Deux bandes blanches le maintiennent au cou et au bras gauche. Le bras droit, replié, supporte un panier en osier tressé, décoré de motifs géométriques. Il faut noter qu'un soin particulier a été apporté au détail des objets, alors que la représentation du porteur est plus simple.

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mardi 15 septembre

Prospérité de l'Egypte sous Amasis

Il s'occupait activement des soins du gouvernement, et on le voyait, depuis l'aurore jusqu'au milieu du jour, juger toutes les causes qui se présentaient ; mais il n'était pas ennemi des plaisirs honnêtes et d'un repos mérité. Comme quelque personnage austère lui en faisait reproche : "Ne savez-vous pas, lui répondit-il , qu'on ne bande un arc que lorsqu'on en a besoin, et qu'après qu'on s'en est servi on le détend ? Si on le tenait toujours bandé, il se romprait et ne serait bon à rien, quand il faudrait s'en servir. Ainsi de l'homme : il est nécessaire qu'il repose son esprit trop longtemps tendu aux choses sérieuses."bazar_egypt
Amasis fut le dernier grand prince de la vieille Egypte. Sous lui, le pays fut aussi florissant qu'il l'avait jamais été. Vingt mille villes, disaient les prêtres, qui mettaient dans ce nombre les villages, les hameaux, et sans doute des maisons, couvraient les bords du Nil. Le commerce était actif, le peuple laborieux et les dieux honorés. Amasis avait ordonné que chaque année tout Egyptien déclarerait au magistrat quels étaient ses moyens d'existence. Celui qui ne pouvait prouver qu'il vivait par des moyens honnêtes était puni de mort. L'Athénien Solon emprunta cette loi à l'Egypte et la plaça dans sa continuation.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy

samedi 12 septembre

Charade de Victor Hugo

Mon premier est un oiseau bavard,
Mon deuxième est un rongeur,
Mon troisième fait grossir,
Mon quatrième est un nombre pair,
Et mon tout est un monument d'Egypte.

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mercredi 09 septembre

Néko (616-595) Canal du Nil à la mer Rouge

Néko, son fils, porta comme lui ses armes en Palestine, battit et tua, à Mageddo, le roi de Juda, Josias, et donna la couronne à Joakim, dont il fit son tributaire (608). Il voulut aller plus loin et entamer la grande monarchie babylonienne : il s'avança jusqu'à l'Euphrate et prit Circesium (Karkémish) ; mais une seule défaite, que lui fit éprouver Nabuchodonosor, lui enleva toutes ses conquêtes et le rejeta en Egypte.ruines_de_louxor1
Ce n'est pas dans ces guerres qu'est la gloire de Néko. Les communications, devenues plus fréquentes avec les étrangers et rendues plus faciles par l'institution de la nouvelle corporation des interprètes, le firent songer à reprendre le projet qu'avait éxécuté déjà un ancien pharaon, celui de joindre la mer Rouge avec le Nil, au moyen d'un canal d'une longueur de quatre journées de navigation, et assez large pour que deux trirèmes pussent naviguer de front. Le nouveau canal commençait un peu au-dessous de Bubaste et aboutissait à la mer Rouge. Au rapport d'Hérodote, 120 000 hommes périrent en le creusant. Néko fit suspendre les travaux, sur la réponse d'un oracle qu'il travaillait pour un Barbare. Cela veut dire sans doute que les prêtres égyptiens ne voyaient pas d'un bon oeil une opération nouvelle, qui avait le tort, à leurs yeux, d'être le résultat d'une inspiration étrangère et qui ouvrait davantage l'Egypte aux influences du dehors.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy

dimanche 06 septembre

Le nain Seneb et sa famille

Le groupe statuaire du nain Seneb et de sa famille fut découvert dans un petit naos situé à l'intérieur de son mastaba à Guizeh. Empreinte de réalisme cru, cette sculpture est devenue célèbre surtout par l'ingéniosité de sa composition. L'évidente difformité physique de Seneb est masquée - autant qu'il est possible - par un habile procédé optique. Le regard passe des jambes courtes de Seneb, croisées et dissimulées sous le pagne, à ses deux enfants placés devant lui. L'illusion est parachevée par les jambes de son épouse, couvertes jusqu'aux chevilles. L'artiste a voulu offirir au nain, au moins dans la pierre, ce que la nature lui avait refusé. La conception égyptienne du monde n'admet pas de déviation du principe d'ordre et d'équilibre 7782719_mrégulant l'univers depuis la création. L'art aussi, sous toutes ses formes, se consacre à la création de l'archétype mythique. Dans cette optique, le défaut physique du chef de famille n'est pas nié, mais réélaboré de façon à sauvegarder l'harmonie esthétique de l'ensemble. La femme tient son époux par les épaules dans un geste empreint de tendresse ; l'absence de couleur dans les yeux n'affaiblit pas la douceur de son regard, et le léger mouvement du torse semble vouloir figer pour l'éternité ce mouvement d'affection d'une épouse dévouée envers son conjoint.
Les enfants du couple apparaissent dans l'attitude caractéristique des enfants avec l'index dans la bouche, nus et, pour le garçon, avec la tresse de l'enfance retombant sur l'épaule. Grâce aux inscriptions recouvrant la base et la partie frontale du siège, on apprend que Seneb était prêtre, chargé du culte funéraire des pharaons Chéops et Didoufrê, mais aussi responsable de la garde-robe du souverain. Cette tombe présente l'une des premières tentatives de coiffer une pièce à plan carré d'un plafond à coupole avec une rangée de briques saillantes disposées aux angles permettant le passage progressif au plan circulaire sur lequel repose la coupole.

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lundi 31 août

Les pharaons et l'or et Ramsès III

Récompenser un fidèle serviteur de l'Etat est pour Pharaon une occasion de vérifier sa popularité. 8813183_pEn jetant de l'or à l'heureux élu depuis son balcon, devant la foule qui se presse, le roi affiche sa magnificence et sa gratitude, et prouve qu'il est bien le fils du Soleil car l'or est matière solaire et symbole d'immortalité.

L'expulsion des Impurs fut suivie d'une nouvelle période de grandeur pour l'Egypte. Ramsès III, de la vingtième dynastie, rendit à l'empire ses anciennes frontières ; il recouvra, par la victoire de Péluse, les provinces syriennes, vainquit les Lybiens et équipa sur la mer Rouge une flotte qui alla commercer jusque dans le golfe Persique.
D'après un passage de Manéthon°, Ramsès III, durant ses conquêtes, avait laissé en 8553441_pEgypte son frère Armaïs (Danaüs), qui se révota et, à l'arrivée de Ramsès, s'enfuit en Grèce. De nombreux monuments et un poème que nous lire encore attestent la gloire de ce pharaon, qui éleva à Thèbes le gigantesque palais de Médinet-Habou. (splendide, à voir absolument)

°Manéthon, sacrificateur et garde des archives sacrées dans le temple d'Héliopolis vers l'an 263 avant notre ère, composa pour le roi Ptolémée une histoire de l'Egypte. Ce livre est malheureusement perdu. Il n'en subsiste que des fragments dont l'exactitude est confirmée par les inscriptions récemment découvertes.

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vendredi 28 août

Le roi de Perse Cyrus demande un médecin à Amasis

Ces prévenances envers les Grecs n'étaient pas désintéressées. Amasis voyait, en effet, se former l'orage qui, sous son successeur, fondit sur l'Egypte. Les maladies d'yeux ont été de tout temps fréquentes dans la vallée du Nil, à cause du sable fin et brûlant que le vent soulève incessamment. Les malades font les médecins,et, si l'Egypte avait déjà un triste renom pour ces sortes de maux, elle avait aussi ceux qui les guérissaient le mieux. Hérodote raconte que Cyrus, roi de Perse, fit un jour demander à Amasis de lui envoyer le meilleur médecin qu'il y aurait, dans ses Etats, pour les ophthalmies. Amasis choisit l'homme le plus habile. Mais c'était un exil d'où il ne fallait pas songer à revenir. Le médecin ne revit plus jamais sa femme ni ses enfants, et il en garda une mortelle rancune contre son roi. Pour se venger, il poussa Cambyse à demander qu'Amasis lui donnât sa fille comme épouse, sachant bien que le prince égyptien haïssait les Perses autant qu'il les redoutait et qu'il ne voudrait pas livrer sa fille à ses ennemis. Il espéra tromper Cambyse et lui envoya, sous le nom et le costume de sa fille, une fille d'Apriès. La ruse découverte, le roi de Perse entra dans une grande colère, et ce fut là, disaient les Perses, la cause de son expédition contre l'Egypte.

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mardi 25 août

Décadence de l'Egypte

Après Ramsinit, il y eut, dit un autre historien de l'antiquité, Diodore de Sicile, pendant sept générations, des rois fainéants uniquement occupé de leurs plaisirs : aussi tout déclina : on ne vit plus de glorieuses entreprises, et un de ces princes inutiles se laissa même déposséder par le grand prêtre d'Ammon. Deux dynasties régnèrent alors simultanément, l'une dans le Sud, à Thèbes ; l'autre au Nord, dans le Delta, et l'Egypte usa contre elle-même ce qui lui restait de force. Ses possessions extérieures furent perdues ; la Nubie chassa ses garnisons égyptiennes ; la Syrie redevint indépendante, et David put étendre l'empire juif de Damas jusqu'à Estiongaber, sur la mer Rouge, sans rencontrer de pharaon qui essayât de l'arrêter. Thèbes, la capitale des grands princes qui avaient dominé du fond de l'Ethiopie jusqu'aux rives de l'Euphrate, ne pouvait plus être la résidence de rois forcés maintenant de donner une attention anxieuse aux révolutions 2829menaçantes dont la Palestine et la Mésopotamie étaient le théâtre. La vingt-unième dynastie, en effet, fut originaire de Tanis, dans le Delta.
La vingt-deuxième sortit de Bubaste et de la race des étrangers sémites, qui depuis longtemps multipliaient dans le Delta. Ainsi la vieille Egypte se mourait, elle subissait l'influence des peuples voisins, au lieu de leur imposer, comme autrefois la sienne. Ses rois prenaient des noms assyriens, donnaient des princesses de leur sang au harem de Salomon et s'entouraient d'une garde lybienne, qui partageait le pays tout entier sous son sceptre et montra même de nouveau les armes égyptiennes dans la Palestine. Il donna asile à Jéroboam avec des troupes nombreuses, qui pillèrent Jérusalem et son temple.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy

samedi 22 août

Conquête de l'Egypte par les Perses (525)

Quand Amasis mourut, en 526, il avait déjà vu tomber sous les coups des Perses les rois des Mèdes, des Lydiens et des Assyriens : Astyages, Crésus et Balthasar, ses alliés ; le même sort était réservé à son fils Psamménit. Les nouveaux conquérants de l'Asie occidentale ne pouvaient laisser en dehors de leurs domaines un Etat si riche, et il n'y eut pas besoin de motifs puérils, comme ceux qu'Hérodote rapporte, pour décider le fils de Cyrus à mettre la main sur cette belle proie. Psamménit, vaincu à Memphis, fut mis à mort par Cambyse après un règne de six mois, et l'Egypte passa sous la domination étrangère (525). Dès lors elle ne s'appartint plus, bien qu'elle protestât fréquemment par des révoltes contre le joug de l'étranger. Province indocile de la Perse, elle fut conquise par Alexandre, qui y laissa une ville de son nom (331). La dynastie des Lagides y régna un siècle avec gloire, deux siècles dans la honte ; les Romains les remplacèrent après la mort de Cléopatre (30 avant J.C.), et en l'an 381 de notre ère supprimèrent, par l'édit de Théodose, la religion pharaonique. Les temples furent mutilés, les statues détruites, et de l'une des plus brillantes civilisations du monde il ne resta que des ruines qu'aujourd'hui du moins nous recueillons pieusement.pyramids
L'Egypte, ainsi jetée violemment dans le christianisme, y demeura deux siècles et demi sans y trouver la paix. Dès l'année 640, les Arabes lui apportaient l'islam ; il y est resté et y eut un moment d'éclat sous les khalifes Fatimites. Au Caire, qu'ils ont bâti, se trouve encore la plus grande école du monde musulman. Trois fois la France a touché cette terre où elle a laissé de si glorieux souvenirs : au treizième siècle, avec saint Loui ; au dix-huitième, avec Bonaparte ; au dix-neuvième, avec ceux de nos compatriotes qui ont conquis l'Egypte à la science et ouvert au commerce du monde l'isthme de Suez, en réalisant d'une façon grandiose la pensée d'un pharaon mort depuis trente-cinq siècles.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy




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