L'émeraude du Nil

Tout ce que je trouve sur l'Egypte !

vendredi 18 juillet

Un coin de ruines de Thèbes

Num_riser0095Le groupe de Médinet-Abou n'est pas le plus considérable des quatre qui composent les ruines de l'antique Thèbes aux cents portes, mais c'est le plus complet, d'ensemble sinon par les détails, car il présente une récapitulation de tout ce qu'on a pu voir en visitant les autres groupes. Il y a, en fait d'architecture, à peu près toutes sortes de choses, des temples et des palais de toutes les époques et de tous les styles, depuis le temps de Moïse jusqu'à celui des empereurs romains et au delà, sous les chrétiens et les Arabes. Comme l'a dit Champollion, c'est un abrégé de l'Egypte monumentale. On y trouve, en effet, réunis, un temple de l'époque la plus brillante des Pharaons sous le dix-huitième dynastie, un immense palais de la période des conquêtes, un édifice des princes qui avaient brisé le joug des Perses, un propylée de la dynastie grecque, d'autres propylées de l'époque romaine, enfin des débris d'une église chrétienne, sans parler des masures arabes dont les décombres recouvrent et déshonorent tout cela. Ce sont les ruines de l'église chrétienne que représente notre gravure : elles se trouvent dans le deuxième cour, car tous ces monuments divers ne formaient qu'un ensemble, mais ce n'en est pas moins de l'architecture égyptienne, car les chrétiens n'ont rien détruit de cette cour, tout entourée d'une colonnade superbe ; ils ont seulement recouvert d'un enduit les images païennes qui couvraient les murs pour empêcher les fidèles d'être troublés par leur vue, et élevé quelques colonnes corinthiennes au milieu pour entourer leur sanctuaire. Mais cet enduit a été gratté, les bas-reliefs égyptiens réapparaissent dans leur haute curiosité et la cour est encombrée de fragments de colonnes servant de sièges et même de lits aux Arabes qui campent au milieu des ruines.

L. H. 1891

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lundi 16 juin

Pif-Paf - La bataille des Pyramides

Num_riser0300En l'an VII (1798), l'Egypte, vassale de la Turquie, était devenue la proie des mameluks. Le sultan de ConstantinopleConstantinopoe avait institué cette milice auprès du pacha, son représentant,  pour empêcher celui-ci de se rendre indépendant. Ses calculs s'étaient trouvés déjoués, et c'étaient les maleluks eux-mêmes qui étaient devenus les maîtres du pays.
Les mameluks, beaux esclaves de Circassie, transportés jeunes en Égypte, étaient de braves et agiles cavaliers. Ils étaient au nombre de douze mille, sous les ordres de vingt-cinq beys (généraux), dont les plus puissants étaient alors Ibrahim, homme faux, rempli d'astuce, auquel étaient échues les attributions civiles, et Mourad, chef vaillant qui dirigeait les opérations militaires.
La population d'Egypte se composait de Coptes, classe pauvre et méprisée, de Turcs, et d'Arabes qui se divisaient en trois classes : les cheiks ou nobles ; les fellahs, presque des esclaves ; et les bédouins, race errante qui parcourait le désert à dos de chameau, gardant les troupeaux, ou pillant les caravanes.
L'armée de Mourad-bey comprenait ses mameluks, les saphis, les janissaires et les fellahs. A l'approche des troupes françaises, il avait établi ses retranchements sur la rive gauche du Nil, dans la grande plaine qui conduit aux Pyramides, pendant qu'Ibrahim, plus prudent, se tenait sur la rive droite, en prévision d'une défaite, avec ses richesses et ses esclaves.
Ce fut le 3 thermidor (21 juillet), à la pointe du jour, que l'armée de Bonaparte arriva en vue du Caire et des pyramides de Giséh, dorées par les rayons du soleil levant. Les Français s'arrêtèrent, saisis d'admiration.
"Soldats, s'écria Bonaparte, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent !"
La présence des infidèles avait été vite connue au Caire. Les habitants de la ville s'entassaient déjà dans la citadelle, et au lointain, dans le vague remous humain, ils devinaient les deux armées en présence.
Dans un raffinement de méchanceté, Méhémet avait fait conduire Pif-Paf, Galurin et Sidoine sur la terrasse pour leur montrer la défaite de leurs compagnons d'armes, suprême douleur, qu'il espérait leur infliger avant la mort.
Ce petit homme aux mauvais instincts ne pardonnait pas à se prisonniers d'avoir tenté de s'enfuir.
Pif-Paf, à la nouvelle de la rencontre des deux armées, avait murmuré :
"Rira bien qui rira le dernier !"
Vers midi le canon commença à tonner.
Bonaparte avait rangé ses cinq divisions en cinq carrés, sur six rangs. Il avait placé, derrière, les grenadiers en peloton, et aux angles, l'artillerie.
Ce fut en vain qu'avec le plus brillant courage, la superbe cavalerie de Mourad s'élança sur ces lignes de fer. Les mameluks vinrent expirer sur la pointe des baïonnettes.
Le trouble ne tarda pas à se mettre dans le camp retranché. C'était la bataille perdue pour les Turcs, qui, bientôt, disparurent vers les Pyramides ou coururent au Nil.
Mourad et Ibrahim s'étaient enfuis, l'un vers la haute Egypte, l'autre vers la Syrie.
Les fuyards, éperdus, répandirent à travers la ville le bruit de la défaite, et la populace ne songea aussitôt qu'à profiter du tumulte pour mettre au pillage le palais des beys.
Au château on s'était fortement ému de la nouvelle. Méhémet eut une nouvelle crise, et voulut calmer sa fureur en faisant aussitôt massacrer Pif-Paf et ses compagnons. D'un bond, il fut sur la terrasse... ô rage ! les Français n'étaient plus là ! Les serviteurs du palais, ne voulant pas perdre une aussi belle occasion, s'étaient joints aux pillards sans s'occuper davantage des prisonniers dont ils avaient la garde.
Sidoine s'était aussitôt écrié :
"Fuyons, mes amis ! Fuyons vite !"Num_riser0301
Mais Pif-Paf avait objecté :
"Avec nos costumes, nous ne pourrons passer inaperçus. La foule nous écharpera.
Pif-Paf réfléchit quelques minutes, puis il dit :
"Suivez-moi !"
Il les entraîna rapidement vers la cour des fauves, puis en ferma soigneusement l'entrée.
"Placez-vous derrière cette cage, près de la porte par laquelle les gardiens entrent dans les cages pour les nettoyer," ordonna-t-il.
Lui, se hissa sur la cage où étaient enfermés deux magnifiques lions à la crinière noire, puis d'en haut, à l'aide d'un long crochet qui servait à panser les animaux, il put faire glisser la grille dans ses rainures.
Surpris d'abord, les deux lions n'avaient pas bougés. Mais quand ils virent la grille entre-baîllée, ils s'élancèrent hors de leur prison, en poussant un rugissement effroyable.
Pif-Paf avait rejoint ses compagnons ; il les fit vivement entrer dans la cage vide, s'y glissa lui-même avec eux, et, quand il eut soigneusement refermé la porte et replacé la grille, il s'écria en riant :
"Mes amis, voici d'excellents protecteurs, et je ne crois pas que nous soyons dérangés jusqu'à demain."Num_riser0302

A SUIVRE

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samedi 14 juin

Notes sur l'Egypte (humoristiques)

Il fait très chaud en Egypte. C'est la vue des jeunes filles de la capitale toutes bronzées par le soleil qui a donné naissance à l'expression : Les Cairotes sont cuites.
On sait que Râ était l'une des principales divinités égyptiennes. Aussi, dans ce pays, quand on veut exprimer qu'un jeune homme est beau comme un dieu, on dit qu'il est fait comme un Râ.
Au point de vue économique, l'Egypte traverse une certaine crise : actuellement, les meilleures situations y sont près Caire.
L'Egypte est extrêmement riche en antiquités. Les sarcophages, notamment, sont l'objet de la curiosité des touristes. Selon un voyageur qui a pu examiner des momies de près, ce qu'il y a de plus important ce n'est pas de voir tous ces visages desséchés et parcheminés, c'est d'imaginer les obsèques.
Les chimistes n'apprécient pas beaucoup l'Egypte ; car ils disent que les amides qu'on y trouve sont les pires amides.

1917

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dimanche 08 juin

La grande peur des Pharaons

Lorsqu'au XIXe siècle les savants européens, pris de la fureur de remplir leurs musées nationaux, se mirent à dévaliser l'Egypte et à emporter à Paris, et à Londres ou à Berlin, obélisques, scribes accroupis et monuments sacrés, ils furent stupéfaits de ne rien découvrir dans les Pyramides, que chacun s'accordait pourtant à considérer comme les tombeaux des Pharaons.
On savait que ceux-ci partaient pour l'au-delà munis d'objets d'or, de pierres précieuses, de sarcophages incrustés, etc. Pourtant on ne trouvait rien.
De là à accorder foi aux théories fumeuses qui faisaient des Pyramides tout autre chose des tombeaux, les temples d'un savoir mystérieux, il n'y avait qu'un pas, allègrement franchi par quelques-uns.
Pourtant, au fur et à mesure que l'on avançait dans la voie des découvertes, il fallait se rendre à l'évidence ; les Pyramides étaient bien les tombeaux des Pharaons. Mais ces tombeaux étaient vides.Num_riser0001
Les savants européens n'étaient d'ailleurs pas les premiers à faire cette constatation. Vers l'an 820, le calife Al-Mamoun-ben-Haroun-al-RachidAl-Mamoun-ben-Haroun-al-RachidAl-Mamounben-Haroun-al-RachidAl-Mamounben-Haroun-al-Rachid, fils du héros des Mille et une nuits, fin lettré et homme entreprenant, avait lui-même décidé d'aller voir de plus près ce qui se trouvait dans la Grande Pyramide de Chéops, et si, comme l'affirmait la légende, elle enfermait les richesses fabuleuses de l'un des plus grands maîtres de l'Egypte.
Les gens d'Al-Mamoun n'y allèrent pas par quatre chemins. Chauffant les pierres au rouge et les arrosant de vinaigre pour les faire éclater, ils s'enfoncèrent d'une centaine de mètres dans ce monstre de près de 150 mètres de hauteur et d'un volume de 2 562 576 mètres cubes de granit. Ils croisèrent ainsi une galerie et finirent par parvenir à la Chambre du Roi. Ils n'y trouvèrent qu'un cercueil vide.
Chéops ne fut pas le seul théâtre des exploits d'Al-Mamoun et de ses successeurs. Lorsqu'en mars 1818 l'aventurier GiovanniGiovanni Battista Belzoni, qui s'était engagé dans l'égyptologie naissante après avoir fait le clown sous un chapiteau londonien, parvint dans la chambre funéraire de la Pyramide de Chéphren, il n'y trouva qu'une phrase gravée en arabe : "Le maître Mohamed-Ahmed, carrier, les a ouvertes, et le maître Othman a assisté à ceci, et le roi Alij-MohammedAlij-Mohammed, du début à la fin."
Pourtant les trésors avaient existé. En 1894, un chercheur, Jacques de Morgan, devait découvrir, sous un amas de débris dans la plaine du Fayoum, les sarcophages intacts des filles du pharaon Amememhet II, It et Khenmit : des bijoux, des agrafes, des diadèmes d'or massif, des scarabées de cornaline, des émeraudes, des lapis-lazuli et un collier de 240 pierres d'améthyste, incomparable pièce d'orfèvrerie.
C'était l'exception qui confirmait la règle.
Une meilleure connaissance de l'histoire de l'ancienne Egypte fit cependant apparaître, lentement, la clé de l'énigme.
C'est vers l'an 2100 avant Jésus-ChristJésus-Christ, à la fin de la VIe dynastie des Pharaons, que les Pyramides et les tombes commencèrent à être pillées... par les Égyptiens eux-mêmes.
Des documents hiéroglyphes permirent même d'apprendre que de véritables procès avaient eu lieu, pour punir les pillards : "On procéda à leur interrogatoire après qu'on leur eut donné la bastonnade et qu'on les eut frappés sur les pieds et sur les mains", dit l'un d'eux.
Cependant, cela n'arrêta pas le pillage. Alors commença la grande peur des Pharaons qui succédèrent à la VIe dynastie.
Ils commencèrent par changer l'ouverture des Pyramides, qui se situait traditionnellement au sud. Puis ils multiplièrent, à l'intention des visiteurs mal intentionnés, les pièges et les embûches. Dans des monuments funéraires qu'ils construisirent, les galeries en cul-de-sac et les salles vides se multiplièrent. Les souterrains donnaient dans de nouveaux souterrains. Les puits succédaient aux impasses. Ils allèrent jusqu'à faire construire des faux tombeaux, des sarcophages vides. Mais les voleurs, imperturbables et patients, déjouaient toutes les ruses, suivant avec obstination les tours et les détours de la construction intérieure, et au besoin utilisant la méthode que devait employer plus tard Al-Mamoun : perçant la maçonnerie. Dans ce match, qui dura de longs siècles, ce sont les voleurs qui, au bout du compte, eurent raison des Pharaons.

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jeudi 29 mai

Terre immémoriale

Num_riser0003Symbole d'autorité, l'amulette a été découverte en parfait état parmi les trésors funéraires de Toutankhamon. Ce pharaon appartenait à la XVIIIe des 30 dynasties qui régnèrent sur l'Egypte au long de trois mille ans.

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Colonnes jumelles dominant les ruines de Karnak en symbolisant l'union des deux provinces : sur celle de gauche, un lotus, thème décoratif de la Haute-Egypte, sur l'autre un papyrus, caractéristique de la Basse-Egypte.

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Savants français prenant les mensurations du Sphinx. Gravure de Vivant Denon, membre de l'équipe d'artistes et de savants qui accompagna Bonaparte dans son expédition en Egypte. Comme beaucoup de leurs prédécesseurs dans cette entreprise de conquête, les Français furent stupéfaits par les splendeurs architecturales de l'ancienne Egypte. "A la vue de tant de majesté", écrit Denon à propos de l'arrivée, en 1799, des Français devant Louksor en ruines, "l'armée s'immobilisa toute entière et, comme un seul homme, mit l'arme au pied".

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mercredi 28 mai

Le découpage en couleurs

Dans les années 1950, la décision prise par le gouvernement égyptien de construire le haut-barrage d'Assouan, menaça de faire disparaître entièrement les vestiges archéologiques de la Nubie. Pour éviter cette tragédie, l'Egypte et le Soudan firent appel à l'Unesco ; et le monde releva le défi : au terme d'une campagne internationale menée sur vingt ans (1960-1980), tous les grands sites et monuments de Nubie furent sauvés.
Cette campagne a été marquée par deux opérations particulièrement spectaculaires : le démontage, le déplacement et la reconstruction des temples d'Abou Simbel et de Philae.

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1 - La digue provisoire qui protégeait les temples d'Abou Simbel durant les travaux, et la route aménagée pour le transport des matériaux, ici partiellement inondées.

2 - Le site originel du grand temple d'Abou Simbel ; au moment de la mise en service du haut-barrage d'Assouan, l'emplacement qui avait été choisi par Ramsès II fut englouti.

3 - Les bulldozers en action. Avant de découper les parties supérieures de la façade - et alors que les premiers archéologues avaient eu tant de mal à dégager les colosses enfouis sous les dunes -, on enterra sous le sable les parties inférieures, afin de les protéger le mieux possible.

4 & 5 - Le remontage des colosses sur leur nouvel emplacement.

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6 - Une opération particulièrement délicate : la pose d'un bloc à sa place exacte.

7 - Des ouvriers au travail au pied de la falaise reconstituée, et devant le temple qui ne l'est, lui, que partiellement.

8 - Un contremaître examine l'état d'une main nouvellement reconstituée.

9 - Durant les travaux de démantèlement, un tunnel en tôle ondulée fut installé devant l'entrée du temple ; ceci afin d'en préserver l'accès après l'ensablement.

10 - Une image insolite : les trois têtes de Ramsès II posées sur le sable, et privées de leur fausses barbes (symbole du pouvoir divin des pharaons).

11 - L'oeil de Ramsès. Le détail fait clairement apparaître la porosité de la roche, qui fit du découpage des blocs une opération extrêment délicate.

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vendredi 04 avril

Le temple du dieu Amon

C'est un village de la rive orientale du Nil qui a donné son nom à l'un des magnifiques ensembles architecturaux, actuellement en ruines, de l'ancienne cité égyptienne de Thèbes : Karnak ; dont le temple dédié au dieu Amon fut l'oeuvre de plusieurs pharaons successifs.
Thèbes devint la capitale des deux Egyptes (la haute et la basse) vers 2050 avant Jésus-Christ, sous le règne de Mentouhotep, ce prince de la XIe dynastie qui prit le titre d'Unificateur des deux terres.
Les troubles de la période précédente (la fin de l'Ancien Empire) ayant provoqué un changement dans les mentalités (un désarroi nostalgique est très sensible dans les oeuvres littéraires des XIe et XIIe dynasties), une évolution du sentiment religieux se fit sentir dès le début du Moyen-Empire. Alors que, durant l'Ancien Empire, en effet, le culte du dieu solaire Rê jouissait d'un quasi- monopole, au cours du Moyen Empire, un culte nouveau, qui semble avoir été inspiré de celui d'Osiris (le protecteur des morts) acquit une importance considérable, offrant une interprétation plus humaine du destin de l'homme ; Osiris, c'est le mythe du dieu qui meurt et ressuscite.
Plus tard, l'invasion de l'Egypte par le Hyksos (vers 1700 avant notre ère), qui provoqua l'écroulement du Moyen Empire, durant laquelle le temple prit plus d'importance que le tombeau.
Amon était le dieu local de Thèbes, mais il s'identifia rapidement à Rê ; et c'est pour cette raison que le pharaon ne sera, dès le Moyen Empire, rien moins que le fils d'Amon-Rê, le Père tout-puissant de la Terre et du Ciel
Les temples de Karnak et de Louxor, tous deux dédiés à Amon, et reliés autrefois par une avenue monumentale, sont situés sur la rive droite du Nil, à l'emplacement, respectivement, des parties nord et sud de l'ancienne Thèbes.

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Sur cet ancien plan dessiné par un archéologue français du siècle dernier, on aperçoit très nettement le temple d'Amon (à gauche), qui est relié à celui de sa femme Mout (à droite) par une allée processionnelle qui se prolonge ensuite vers Louxor.

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mercredi 02 avril

Les bords du Nil

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samedi 29 mars

Les sakias et les chadoufs

Il s'agit d'instruments, et leur usage remonte sans doute à l'aurore de la civilisation. Il est vrai qu'ils ne se sont pas beaucoup modifiés depuis les cinq à six mille ans qui nous séparent de l'époque où ils furent inventés, il est vrai aussi qu'ils sont si bien appropriés aux besoins et aux ressources du pays où ils sont employés !Num_riser0012
"Les sakias, comme de gros hannetons, remplissent l'air de leur bourdonnement et forment un concert incessant sur toute la longueur des rives du Nil. La première qui s'éveille donne, comme les coqs, le signal à sa voisine. C'est l'instrument par excellence de l'irrigation égyptienne. C'est un grossier assemblage de deux roues en bois dont l'une, verticale, élève l'eau et la déverse dans un canal, tandis que l'autre, mise en mouvement par une paire de boeufs, s'engrène avec la première et la fait tourner. La roue verticale est garnie sur tout son contour de cruches en terre cuite qui se remplissent et se vident alternativement.
Le canal où aboutit la sakia se divise en mille méandres, forme un vaste réseau dont chaque maille enclôt une parcelle de terre et lui fournit l'eau fécondante du Nil comme l'artère, divisée en vaisseaux capillaires, distribue le sang aux parties du corps. Aussi le Nil, soit qu'il déborde, soit qu'il se renferme dans son lit, ne s'interrompt jamais dans la tâche que lui a assignée la Providence : il nourrit l'Egypte. Et par elle jadis, il nourrissait une partie du monde.
"Les boeufs qui font tourner la sakia et qui reçoivent toute la journée les rayons du soleil aveuglant, cuisant, étouffant, ne demanderaient pas mieux que de se coucher tranquillement, mais ils sont sans cesse tourmentés par une sorte de moucheron à deux pieds, armé d'un long aiguillon, qui les harcèle de ses piqûres. Le moucheron, c'est un jeune Egyptien ; l'aiguillon est une gaule de bambou terminée par une lanière cinglante ou une pointe de fer. Et les boeufs de tourner, de tourner !
"Remontons le Nil jusqu'en Nubie : tout le long de ses bords nous trouvons les sakias et leur bourdonnement. Elles sont très commodes pour les employés des impôts ; ils n'ont qu'à compter les appareils et à infliger aux possesseurs collectifs une contribution de cinq cents francs par sakia. Ils mettent la moitié du produit dans leur poche, et versent le reste dans les caisses publique, de sorte que le Nil contribue encore par là à nourrir le pays."
A mesure qu'on voit se multiplier les sakias, on voit augmenter le nombre des chadoufs. C'est un instrument aussi simple, aussi rude et encore plus bruyant que la sakia. La gravure en donne une idée suffisante. Il sert à puiser l'eau du Nil dans les endroits où le fleuve est encaissé entre deux rives, dont le niveau s'élève en pente plus ou moins rapide, et ne permet pas de lui faire  de simples saignées. Le chadouf, situé au bord, passe le contenu de ses cruches au chadouf situé un peu plus loin, et celui-ci répète la même manoeuvre. Le chadouf a un grand défaut pour des paysans ou fellahs égyptiens, c'est qu'il les oblige à travailler eux-mêmes, au lieu de regarder travailler les animaux domestiques.

J. PREBOIS (1891)

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jeudi 27 mars

La pyramide de Chéops

La pyramide de Chéops, la plus grande des 3 pyramides de Ghizeh, à 145 mètres de hauteur verticale ; la largeur de chacune de ses quatre faces est, à la base, de 232 mètres ; le pourtour de cette masse énorme offre plus d'un kilomètre de développement. On a calculé que les matériaux qui la composent suffiraient pour construire un mur de 2 mètres d'élévation et d'une épaisseur proportionnelle qui ferait le tour de l'Espagne. Selon les uns, elle a été construite 5 000 ans, selon les autres, 3 600 ans avant Jésus-Christ. 100 000 hommes relevés tous les trois mois ont mis 20 ans à exécuter ce gigantesque travail. De la base au sommet, l'édifice est composé d'assises régulières de blocs superposés de 60 à 90 centimètres d'épaisseur sur 2 ou 3 mètres de hauteur, elles sont au nombre de 206... Et tout cela ne forme qu'un tombeau qui n'a pas même su garder le cadavre de Chéops qui l'a élevé.

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mardi 04 mars

Les observatoires Egyptiens (suite et fin)

Num_riser0003On compte en Égypte trente-neuf pyramides de diverses grandeurs et en Nubie une centaine. Le groupe de pyramides égyptiennes le plus important est celui de Gizeh ou Ghizeh, composé de neuf pyramides parmi lesquelles se trouvent les monuments de ce genre les plus importants : la pyramide de Chéops (grande pyramide), celle de Chéphren et celle de Mycérinus.
La grande pyramide a une hauteur de 138 mètres au-dessus du sol, c'est-à-dire plus du double de celle de Notre-Dame de Paris (66 mètres) ; on évalue son volume à 2562576 mètres cubes ! Ce que nous voulons faire remarquer, ce n'est pas le gigantesque travail que révèle ce colosse de pierre, travail pour lequel, dit-on, 360 000 manoeuvres furent occupés durant vingt années ; ce qui nous frappe, c'est que les quatre faces de la pyramide sont exactement orientées et que l'axe du monument correspond à la direction du méridien.
Un astronome contemporain, M. Piazzi Smith, s'est livré à une étude très approfondie de la pyramide de Gizeh. Ce savant prétend que les dimensions, la mesure des angles de l'édifice,... prouvent que les Égyptiens connaissaient le système décimal, le rapport de la circonférence au diamètre, la quadrature du cercle, etc., etc. Nous ne suivrons pas sur ce terrain l'habile savant écossais dont les idées préconçues doivent inspirer quelques doutes. Il est toutefois certain qu'on trouve des coïncidences curieuses quand on examine les nombres publiés par M. Piazzi Smith.
Que les pyramides aient ou non servi de tombeaux aux rois égyptiens, ou qu'elles aient été les observatoires sur lesquels les prêtres venaient chaque nuit contempler le ciel, cela ne doit pas nous arrêter pour l'instant ; il nous suffit de les considérer comme des témoignages irrécusables des connaissances astronomiques des anciens.
A ce point de vue, il convient encore de signaler ces immenses colonnes taillées dans une seule pierre, se rétrécissant de la base au sommet et qu'on nomme des obélisques. Ces masses de pierre pouvaient bien, comme on l'a supposé, être érigées en l'honneur d'un conquérant ou d'un Dieu ; mais il est également possible qu'elles aient été utilisées comme gnomons, pour déterminer la hauteur du Soleil par l'observation de leur ombre. Les gnomons (d'un mot grec qui signifie indicateur) ont été certainement les premiers instruments astronomiques qui aient été imaginés, parce que "la nature les indiquait pour ainsi dire aux hommes : les montagnes, les arbres, les édifices, sont autant de gnomons naturels qui ont fait naître l'idée des gnomons artificiels qu'on a ensuite employés partout".
Un gnomon se compose d'une simple tige disposée verticalement ; on place quelquefois à la partie supérieure de cette tige un disque percé en son centre ; ce sont les positions variables de l'ombre de ce disque qui indiquent les mouvements du Soleil. Il existe à Paris, dans l'église Saint-Sulpice, un magnifique gnomon établi en 1742 par l'astronome Lemonnier et dont la hauteur atteint 7 mètres ; la plaque percée est adaptée à la partie supérieure du portail latéral du sud, et la trace du plan méridien mené par le trou de cette plaque est figurée sur le pavé de l'église par une ligne de cuivre qui la traverse dans toute sa plus grande largeur.
Nos modernes cadrans solaires ne sont pas autre chose que les gnomons dont la tige, au lieu d'être verticale, est placée dans la direction de la ligne autour de laquelle tourne la Terre et qu'on nomme axe du monde ou bien encore ligne des pôles.
Les obélisques jouaient, chez les Égyptiens, le rôle de gnomons. Le plus ancien existait à Héliopolis (ville du Soleil), et paraît remonter à l'an 2530 avant l'ère chrétienne. C'est dans la ville d'Héliopolis que se trouvait le principal collège des prêtres.
Parmi les nombreux obélisques qui sont encore debout, malgré les ravages du temps et des hommes, tout le monde connaît l'obélisque dit de Louqsor, du nom d'un village près de Thèbes, dans lequel résidaient les rois thébains. Ce monolithe a été transporté en France en 1833 ; il orne actuellement la place de la Concorde, à Paris.

Albert  LEVY - 1882

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lundi 03 mars

Les observatoires Egyptiens

Chacun des différents peuples de l'antiquité a revendiqué l'honneur d'avoir le premier habité la terre, et d'avoir donné naissance aux lettres, aux sciences et aux arts. De même que les observateurs du ciel s'imaginaient que la Terre devait être placée au centre du monde, chaque nation déclarait qu'elle occupait sur la Terre une région centrale : les Chinois n'appelaient-ils pas leur pays l'empire du Milieu ?
Les Égyptiens n'ont pas manqué de s'attribuer une antique origine ainsi que la gloire d'avoir sondé la profondeur des cieux. Ils prétendaient même que les Chaldéens avaient puisé chez eux leurs connaissances astronomiques. Thoth, disaient-ils, le père de l'astronomie, était Égyptien.
Il est bien certain que les Égyptiens furent de patients observateurs du ciel. L'historien Diodore de Sicile nous apprend qu'ils conservaient depuis un nombre incalculable d'années des registres où leurs observations étaient consignées.
C'est surtout dans l'art de mesurer que les Égyptiens se sont distingués ; ils avaient entrepris la mesure du diamètre de la Lune, du diamètre du Soleil. Ils savaient que les planètes Mercure et Vénus tournent autour du Soleil, que la durée de l'année est de 365 jours et un quart...
Toute la science des Égyptiens était religieusement conservée par leurs prêtres qui cachaient avec un soin jaloux leurs découvertes, non seulement aux étrangers, mais même au peuple. Il fallait des recommandations toutes spéciales et le crédit des rois d'Egypte pour être initié aux connaissances philosophiques et astronomiques des prêtres égyptiens. On se rappelle que le grand astronome Pythagore, visitant l'Egypte, fut successivement éconduit par les prêtres d'Héliopolis, de Memphis et de Thèbes, et que ce fut en entrant comme novice dans le collège de ces derniers, en se soumettant à toutes les pratiques qui lui étaient imposées, qu'il parvint à se rendre compte de leurs connaissances scientifiques.
Heureusement pour l'histoire, les monuments de l'ancienne Egypte nous donnent une idée exacte du savoir de ceux qui les ont fait construire.
Les pyramides d'Egypte sont assurément de la plus haute antiquité. Sans prétendre, comme le font les musulmans, qu'elles ont été bâties par Gian-ben-Gian, monarque universel du monde qui vivait avant Adam, ou, comme certains le disent, qu'elles furent élevées avant le déluge par un roi nommé Saurid, on peut supposer avec raison qu'elles datent de plus de 3000 ans avant notre ère.

A suivre (1882)

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lundi 11 février

Les mosquées

Les édifices religieux, quel que soit le culte auquel ils appartient, sont, dans tous les pays civilisés, les plus beaux de tous les monuments. A côté de l'église Saint-Pierre de Rome, l'on peut citer bien des merveilles, la mosquée de Cordoue par exemple, les nombreuses mosquées du Caire.
Nous avons déjà parlé de cette capitale de l'Egypte historique, qui continue à vivre de façon originale à côté de sa rivale la capitale de l'Egypte commerçante, la fameuse Alexandrie.
Le Caire est une des cités saintes de l'Islamisme, et sa fondation même fut comme un acte de piété : son nom indigène, ou plutôt son nom primitif l'indique. El Kahireh n'est en effet qu'un surnom : ce mot signifie la sainte. Le vrai nom est Fostât, la tente. Amrou, qui passe pour avoir détruit la bibliothèque d'Alexandrie, bâtit Fostât en 640, moins de huit ans après la mort du Prophète.
Depuis son fondateur, le Caire vit bien des conquérants : ce fut d'abord Goroher, qui conquit le Caire pour une dynastie nouvelle, celle des Fatimites, en 969. Ce fut ensuite Saladin, le rival de Richard Coeur de Lion par la bravoure ; son supérieur en génie, en probité, en générosité chevaleresque. Ce fut enfin Bonaparte, qui prit la ville après la bataille des Pyramides en 1798.
Chacun de ces conquérant y laissa des monuments de son passage, tous ornèrent, enrichirent ou fortifièrent la ville. Ils y construisirent principalement des mosquées, et Bonaparte les respecta.
La mosquée d'Amrou fut fondée par le conquérant lui-même, qui avait prix goût aux arts, sinon aux lettres des Grecs ; il imita dans cette construction, celle de la Mecque, et par là même, retint ou attira au Caire nombre de dévots musulmans.
Citons aussi celle de Kait-Bey, qui contient une relique remarquable, l'empreinte même des pieds de Mahomet : ils sont gravés en creux dans une des pierres les plus dures qui existent, un bloc de porphyre vert.
MEMOR (février 1890)

10f_vrier2008

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samedi 09 février

LE IX FÉVRIER. SAINTE APOLLINE, VIERGE ET MARTYRE.

apollineL'Eglise d'Alexandrie offre aujourd'hui à nos hommages la célèbre vierge Apolline. Cette martyre du Christ, révérée par toute la terre, vient se joindre à ses sœurs Agathe et Dorothée, pour ranimer Le courage dans nos cœurs. La vie présente ne fut rien à ses yeux. Conduite par l'Esprit-Saint, on la vit s'élancer sur le bûcher, sans attendre que la main des bourreaux l'y précipitât. De nos jours, il n'est pas rare que des hommes las de la vie, ou compromis avec leur orgueil, se jettent dans la mort pour se soustraire à des devoirs ; Apolline court au brasier, témoignant ainsi son horreur pour le plus grand des crimes. Plus d'une fois, l'Esprit divin, au temps des persécutions, suggéra la même conduite à d'autres vierges sacrées qui craignaient pour leur foi ou pour leur honneur. Ces exemples sont rares néanmoins ; mais ils prouvent à leur manière que Dieu est maître de notre vie, et que nous devons être disposés à la lui rendre quand il lui plaît. Une circonstance du martyre de sainte Apolline a frappé l'attention des fidèles. Pour punir la liberté avec laquelle elle annonçait Jésus-Christ, la fureur des bourreaux alla jusqu'à briser les dents de la sainte dans sa bouche inspirée. Une pieuse confiance, souvent récompensée, a porté les chrétiens à implorer sainte Apolline pour obtenir du soulagement dans ces cruelles douleurs qui ont les dents pour siège ou pour occasion. C'est ainsi que le Seigneur a voulu qu'il nous fût donné de compter sur la protection de ses saints, non seulement dans les besoins de nos âmes, mais encore dans les nécessités de nos corps. Voici l'éloge que l'Eglise, dans sa Liturgie,a consacré à la mémoire de sainte Apolline : Apolline , vierge d'Alexandrie, était déjà fort avancée en âge, lorsque, sous l'empire de Décius, on la mena devant les idoles pour l'obliger de les adorer. Elle ne leur donna que des marques de mépris, et déclara hautement qu'il fallait adorer Jésus-Christ, Dieu véritable. On lui brisa et on lui arracha toutes les dents ; et les bourreaux impies , ayant allumé un bûcher, la menacèrent de la brûler vive, si elle ne détestait le Christ, et n'adorait les dieux. Apolline répondit qu'elle était prête à endurer la mort pour la foi de Jésus-Christ. On se saisit d'elle pour la brûler; mais, s'étant arrêtée un moment comme pour délibérer sur ce qu'elle avait à faire, elle s'échappa des mains qui la retenaient, et dévorée au dedans de son âme par l'ardeur de l'Esprit-Saint, elle se précipita dans le brasier qu'on avait allumé pour elle. Son corps y fut consumé en peu de temps, et son âme très pure s’envola au ciel pour y recevoir la couronne éternelle du martyre. Quelle ardeur est la vôtre, ô Apolline ! La flamme du bûcher, loin de vous effrayer, vous attire, et vous y courez comme à un lieu de délices. En face du péché, la mort vous semble douce; et vous n'attendez pas que la main barbare des hommes vous y précipite. Ce courage étonne notre faiblesse ; et cependant le brasier que vous avez préféré à l'apostasie, et qui, dans peu d'instants, devait vous enfanter à un bonheur sans fin, n'est rien auprès de ces feux éternels que le pécheur brave à toute heure, parce qu'il ne les sent pas encore. Il ose défier ces flammes vengeresses, s'y exposer, pour une satisfaction passagère. Avec cela, les mondains se scandalisent des saints ; ils les trouvent exagérés, emportés, fanatiques, parce que les saints voient plus loin qu'ils ne voient eux-mêmes. Réveillez en nous, ô Apolline, la crainte du péché qui dévore éternellement ceux qui meurent avec lui. Si le bûcher qui fut pour vous comme un lit de repos nous semble affreux, que l'horreur de la souffrance et de la destruction serve du moins à nous éloigner du mal qui entraîne les hommes dans cet abîme, du fond duquel, comme parle saint Jean, la fumée de leurs tourments monte dans les siècles des siècles.
Ayez pitié de nous, ô Vierge ! priez pour les pécheurs. Ouvrez-leur les yeux sur les périls qui les menacent. Faites-nous craindre Dieu, afin que nous puissions éviter ses justices, et que nous commencions enfin à l'aimer.

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lundi 26 novembre

L'Egypte de l'après Sadate

Nul ne connaissait le président égyptien Hosni Moubarak avant qu'il accède à la magistrature suprême le 6 octobre 1981. Jusque-là le vice-président vivait dans l'ombre de Sadate. Mais nul ne connaissait onze ans auparavant celui qui n'était encore que le vice-président Sadate, à la veille de la mort de Nasser. Homme secret, peu liant, Hosni Moubarak est avant tout un militaire. S'il a, sur le plan intérieur, le style de Nasser, il tient, sur le plan extérieur, à maintenir le réseau de liens tissés par son prédécesseur.
On craignait qu'il ne quitte le camp occidental. Le voudrait-il qu'il ne le pourrait pas : l'Egypte dépend, pour sa seule consommation céréalière, des Etats-Unis à 85 %. Engagée dans un processus de paix au Proche-Orient depuis novembre 1977, l'Egypte après avoir récupéré le Sinaï voudrait associer les Jordaniens et les Palestiniens aux négociations avec Israël. Mais plus encore que l'avenir de la paix au Proche-Orient c'est celui de l'Egypte qui préoccupe les dirigeants égyptiens. Le président Saddate avait sans aucun doute réussi à changer l'image de marque du pays à l'extérieur. Mais il reste aujourd'hui au président Moubarak à faire du pays un Etat moderne notamment sur le plan économique et social. Seule 40 % des terres arables, et les ressources pétrolières des puits d'Abou Rodeiss, récupérés, avec le Sinaï, suffisent à peine à la consommation intérieure.
Enfin, le gouvernement égyptien doit faire face à la montée de l'intégrisme et du fondamentalisme islamique, qui a coûté la vie au président Sadate, ainsi qu'au mécontentement né au sein de la communauté chrétienne copte.

Article écrit en 1984

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lundi 15 octobre

Symbols of Gods and Godesses

Num_riser0030Num_riser0031

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vendredi 05 octobre

Une rue du Caire

Num_riser0010A deux époques bien éloignées l'une de l'autre, l'Egypte occupa une large place dans les destinées du monde. D'abord intimement liée à l'histoire ancienne, ainsi qu'à l'histoire sainte, elle est à la tête de la civilisation. C'est chez elle que la Grèce prend les premiers principes des sciences et des arts qu'elle devait porter si haut.
Bien des siècles après, vous la verrez recouvrer en partie sa grandeur perdue ; ce fut l'époque de la domination des Khalifes. Malheureusement, le proverbe arabe sera toujours vrai : "Là où le cheval du musulman a passé, l'herbe ne repousse plus" et l'Egypte retomba plus bas que jamais, jusqu'au commencement de ce siècle, où un grand homme, Mohammed-Ali, entreprit de régénérer ce pays et de faire pour lui ce que Pierre le Grand avait fait pour la Russie : comme lui, il demanda à l'Europe ses sciences et ses arts.
Or, mes amis, pour les Orientaux en général, et surtout pour les Egyptiens, l'Europe, c'était la France. Deux noms seuls étaient restés dans leurs traditions et dans leurs souvenirs ; ils y étaient entouré d'une auréole incomparable de gloire et de grandeur. Ces deux  noms étaient français : c'étaient ceux de Saint Louis et de Bonaparte.
Ce fut donc surtout à la France que Mohammed-Ali s'adressa. Il lui demanda des militaires, des ingénieurs et des savants. Le colonel Selvat (Soliman-Pacha) organisa l'armée, il battit l'armée turque, où commandait de Moltke ; Linant (Linant Bey) créa des routes, améliora le port d'Alexandrie ; le docteur Clot (Clot-Bey) fonda l'école de médecine. Beaucoup d'autres prirent leur part de cette glorieuse tâche ; l'industrie et l'agriculture se développèrent rapidement. Le progrès se répandit sur le pays tout entier ; jusqu'à la moitié de ce siècle le nom et la prépondérance de la France n'eurent pas de rivaux en Egypte. Telles furent, en quelques mots les destinées du pays.
J'ai donc choisi un croquis pris dans un quartier resté très musulman et je vous le donne sans y rien changer, tel que je l'ai fait d'après nature. Malheureusement, ce que je ne puis y mettre, c'est cette lumière éclatante qui fait resplendir les murailles et couvre de ses magiques reflets jusqu'aux loques sordides dont se pare la population Fellah. Cette lumière intense pénètre jusqu'au fond de ces réduits qui sont des boutiques, où des ouvriers assis, les jambes croisés sur le sol, travaillent les objets les plus minutieux.
La physionomie si attrayante des rues du Caire est peut-être, et bien malheureusement, destinée à se perdre. Le canal de Suez a décuplé la population européenne. J'ai vu lors de mon départ du Caire bâtir la première maison à cinq étages, aussi convenable au climat qu'une robe de toile de Vichy à une Esquimaude ; il y a, m'a-t-on dit, un café-concert sur l'Esbekieh et les omnibus ont à peut près remplacé les baudets placides qui m'ont si souvent transporté dans tous les coins.

Ainsi tout change, ainsi tout passe !
Ainsi nous-mêmes nous passons,
Sans laisser, hélas ! plus de trace,
Que cette barque où nous glissons,
Sur cette mer où tout s'efface.

Alexandre de Bar (article écrit en 1890)

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mardi 31 juillet

L'Egypte et le cinéma en 1900

Num_riser0011Des Italiens à l'origine du cinéma égyptien

Né à Alexandrie, le cinéma égyptien doit beaucoup à la communauté italienne de la ville (deuxième en nombre après la communauté grecque, elle a compté jusqu'à 25 000 membres). C'est un résident italien qui, en 1900, ouvre la première salle de cinéma du Caire. Ce sont encore des capitaux italiens de la Banco di Roma qui permettent au photographe italien Roberto Dores de créer la première compagnie cinématographique égyptienne. De nombreux réalisateurs italiens travaillent alors en Egypte, comme Osato qui, en 1918, réalise Vers l'abîme, L'Honneur du Bédouin et Fleurs mortelles.

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OM KALSOUM

Wedad (1936), réalisé par l'Allemand Fritz Kramp et interprété par la célèbre chanteuse Oum Kalsoum, fut le premier film produit par la société Misr.

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L'avènement du parlant va bouleverser le cinéma égyptien, qui voit alors se multiplier les comédies musicales, avec en vedette Farid el Atrache, qui tournera pas moin de 24 films entre 1940 et 1960.

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jeudi 26 juillet

Le coffre de granit rouge

Suite de l'intérieur de la grande pyramide

Cette chambre est absolument vide, si ce n'est qu'elle contient, non pas au milieu, mais presque dans coin, et orienté un peu de travers, une sorte de coffre qu'on prend à première vue pour un sarcophage. De granit rouge parfaitement poli, ce coffre est taillé à angles droits et ne possède pas de couvercle. Il est, écrit l'abbé Moreux, "sonore comme une cloche".
Trop important et trop lourd pour avoir été transporté dans la Pyramide après sa construction, il n'a pu être placé dans la Chambre du Roi que lors de la construction de la pièce.
On a cru pendant un certain temps que ce coffre avait servi de tombeau à un Pharaon, ou tout au moins que c'était là sa destination première, mais cette opinion n'a pas tenu devant certaines raisons contraires.
Ses mesures intérieures sont les suivantes : 1,97 m de longueur sur 0,68 m de largeur, avec une profondeur de 0,85 m. Soit un volume intérieur sensiblement égal à 69 000 pouces cubes pyramidaux.
Son volume extérieur est exactement le double de sa capacité intérieure ; et ceci est certainement intentionnel.
Ce qui est curieux, c'est que sa capacité cubique se trouve être la même que l'Arche d'Alliance construite par Moïse (qui détenait sans nul doute, les secrets des Temples d'Egypte).
La capacité de ces deux récipients et de 1 138,66 litres.
Quant à la Mer d'Airain, vase célèbre construit par Iram pour le Temple de Salomon, et dont les mesures se trouvent dans le "Livre des Rois", sa capacité cubique aurait été de 3 562,07 pouces pyramidaux. Et, dit l'abbé Moreux, "ce nombre divisé par 50 est, à un sept-millième près, la capacité de l'Arche d'Alliance et du Coffre de la Grande Pyramide.
Barbarin, après l'abbé Moreux, écrit qu'il leur est certainement assigné "un rôle précis de mesure". Oui, mais quel est-il exactement ?

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lundi 23 juillet

Le lever du soleil et Abou Simbel

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Deux fois par an : le 22 février et le 22 octobre quand le soleil se lève, les rayons viennent par l'entrée principale en mouvant à droite jusqu'à ce qu'ils atteignent le sanctuaire et illuminent les quatre statues. Les rayons du soleil continuent à illuminer les statues penant 24 minutes seulement.
Le lever du soleil dans le sanctuaire couvre la moitié de la statue de Rê-Horakhty et complètement la statue de Ramsès II et la moitié de la statue d'Amon-Rê (sauf Ptah).

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