Médamoud, à neuf kilomètres au nord-ouest de Karnak, émergeaient quelques colonnes hors du sol ; M. Georges Bénédicte, membre de l'Institut et conservateur de la section égyptienne au musée du Louvre, eut la prescience, à l'un de ses récents voyages en Egypte, que quelque chose d'important gisait là.
De notre Institut français du Caire, arrivèrent en décembre 1924 MM. Fernand Bisson, professeur à l'Institut catholique de Paris, chargé de mission et spécialiste des inscriptions hiéroglyphiques. Ils eurent la bonne fortune de voir leur centaine de travailleurs mettre au jour complètement, en quelques mois, un énorme temple dont les annexes sont dédiées à un dieu thébain de la guerre, Montou, dont nous ne savions presque rien.
Or il est aujourd'hui démontré que son culte fut très important - beaucoup plus considérable que celui d'Ammon - si bien que ce sanctuaire ne révélerait rien de moins que la toute première origine de Thèbes.
Un mur d'enceinte y a été retrouvé qui comporte plus de deux cents figures allégoriques sculptées, dont une représente l'empereur Trajan vénérant un taureau-oracle. Ce rôle d'oracle tenu par les boeufs sacrés en Egypte est une révélation nouvelle ; le consultant appelait le taureau et, si celui-ci venait, l'oracle était favorable ; il y a d'ailleurs à l'origine, une relation extrêmement inattendue avec les cultes stellaires et la constellation du Taureau.
En déblayant le temple, on trouvé deux grandes statues de Sésostris III assis, dont s'enrichit le musée du Louvre. La plus endommagée, représentant le roi vieilli, figure sur l'une de nos photographies telle qu'elle a été trouvée.
Les fouilles de ce temple ne sont pas terminées et vont être continuées.
A Deir el Medineh, au flanc du massif de montagnes où s'ouvrent les vallées des Rois et des Reines, non loin d'un temple ptolémaïque aux murs de terre grise et au sanctuaire en pierre, tout un quartier de Thèbes a été découvert par M. P. Bruyère, avec les vestiges de ses maisons et de ses rues et de cimetière annexe. Les noms inscrits dans les tombeaux ont montré qu'il s'agissait là du quartier des artisanss décorateurs et sculpteurs des hypogées. Ces sépultures ont une magnificence incomparable : leurs fresques polychromes aux frais coloris et au style presque "art nouveau" sont d'une conservation parfaite. Elles nous apportent sur la théurgie égyptienne des indications absolument neuves et inattendues : nous y possédons des premières représentations d'un Dieu le Père avec Osiris-Dieu et le fils auxquels se joint une troisième émanation divine symbolique : les Egyptiens étaient arrivés à la notion de la Trinité !
Tous les coloris sont tellement frais et vifs qu'ils paraissent tout récemment posés.
A Edfou, à cent kilomètres au sud de Thèbes, tout autour du célèbre temple d'Horus déblayé par Mariette, s'élevait un tertre dénudé que les fellahs désagrégeaitent peu à peu pour utiliser sa poussière brune comme engrais. M. Henne s'est attaqué à ce tertre et y a retrouvé la cité antique d'Apollinis magna avec ses maisons et ses rues, ou plus exactement, ainsi qu'il est arrivé pour Troie, la superposition des vestiges de villes de plusieurs âges.