Hérité de la préhistoire, le culte des animaux sacrés était très répandu en Egypte, et surtout très populaire. Un seul anima d'une espèce donnée était adoré, il avait été choisi selon un certain nombre de critères très précis (par exemple le taureau sacré Apis devait posséder 29 signes sacrés : pelage noir avec une tache blanche carrée sur le front et au flanc droit, une tache en croissant de lune ; sous la langue, une excroissance en forme de scarabée, etc.)
Si certaines espèces animales ont été associées à des dieux, c'est sans doute parce que leurs caractérisitiques principales leur correspondaient. Mais si un seul animal à la fois de ces différentes espèces était sacré, c'est parce que les Egyptiens voyaient en lui la présence, la matérialisation de l'essence divine. Il était donc normal de l'adorer.
Lorsque l'usage de la statuaire apparut, on vit l'incarnation du dieu, non plus seulement en un animal, mais aussi en chacune de ces multiples statuettes de  bois ou de pierre.
Pourtant le culte des animaux sacrés demeura, de par l'esprit traditionaliste de l'Egypte, bien sûr, mais aussi parce que l'animal sacré, et donc le dieu, était beaucoup plus accessible au peuple que le dieu lui-même, retiré dans son sanctuaire inapprochable.
L'animal sacré reposait en effet dans un temple adjacent au sanctuaire divin et l'homme du peuple pouvait l'approcher pour lui déposer des offrandes ou consulter ses oracles, alors qu'il lui était impossible de pénétrer à l'intérieur de l'enceinte même du sanctuaire.

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