L'émeraude du Nil

Tout ce que je trouve sur l'Egypte !

mardi 06 octobre

Ses travaux ; l'obélisque de Louqsor

Au  bout de neuf ans, continue Diodore, Sésostris revint dans ses Etats, traînant d'immenses dépouilles et une foule de captifs qu'il fit travailler à l'assainissement et à l'embellissement de l'Egypte. Il bâtit des villes, éleva des chaussées, pour que les habitants pussent communiquer entre eux pendant l'inondation. Diodore lui attribue encore le partage de l'Egypte en trente-six districts appelés nomes, à chacun desquels il préposa un monarque chargé du recouvrement des impôts et des autres fonctions administratives ; mais c'était une très-ancienne division du pays.
8794633_pLes monuments qu'il construisit sont en nombre indéfini. Il éleva ou acheva le grand temple de Phtah à Memphis, le Ramesséum à Thèbes, les magnifiques constructions qu'on voit encore à Karnak, le temple des colosses, les obélisques de Louqsor, dont l'un s'élève aujourd'hui sur la plus belle de nos place, les deux temples d'Ibsamboul, creusés dans le roc ; la façade de l'un est décorée de huit cariatides hautes de 12 mètres ; celle de l'autre, le Spéos de Phra, s'annonce par quatre colosses haut de 20 mètres, taillés en plein dans la montagne et qui de là dominent majestueusement le fleuve et le désert.
Quelques écrivains placent la sortie d'Egypte des Israélites sous Ménephtah, fils de Ramsès II, ou sous son petit-fils, Séti II, "alors que le pays d'Egypte s'en allait à la dérive."

L'obélisque qui se trouve maintenant à Paris a été pris dans les ruines de Thèbes. C'est un seul morceau de granit rose, haut de 22m,83, large à sa base de 2m,44, pesant 220 528 kilogrammes. Les quatre faces de l'obélisque sont recouvertes de caractères hiéroglyphiques au nombre de 1 600, distribués sur chaque face en trois bandes longétudinales et parallèles, les caractères de la bande du milieu étant sculpté à 14 centimètres de profondeur, ceux des deux autres à une profondeur moitié moindre. Les inscriptions se divisent sur chaque face en trois parties :ruines_de_louxor
* immédiatement au-dessous deu pyramidion, le bas-relief des offrandes, qui occupe toute la largeur de chaque face ;
* en tête de chaque colonne d'hiéroglyphes, un encadrement surmonté de la figure de l'épervier symbolique avec la coiffure royale, et terminé en franges ; c'est la bannière royale ; elle renferme les titres du prince nommé dans l'inscription ;
* l'instruction proprement dite, dont les signes, divisés en trois colonnes parallèles, se lisent de haut en bas. Quelques groupes de signes sont enfermés dans un encadrement régulier. Ces encadrements ou cartouches contiennent les noms propres des rois ou des divinités. Les cartouches de l'obélisque de Paris rappellent les noms de Ramsès II, qui en commença les sculptures, et ceux de Ramsès III, qui les acheva, il y a 3400 ans. Les inscriptions célèbrent la gloire des deux rois, leurs victoires, leur piété, et rappellent les monuments qu'ils ont élevés. Dans le bas-relief des offrandes, Ramsès, coiffé du pschent complet, symbole de son autorité sur la haute et basse Egypte, et surmonté du globe ailé du soleil, fait au grand dieu éponyme de Thèbes, Ammon-Râ, l'offrande du vin. Aux louanges d'usage, la colonne médiale ajoute que Ramsès est le fils préféré du roi des dieux, celui qui sur son trône domine le monde entier. On mentionne le palais qu'il a fait élever dans l'ôph du midi (la partie méridionale de Thèbes). Le titre de bienfaisant lui est donné dans l'inscription de droite, qui ajoute : "Ton nom est aussi stable que le ciel ; la durée de ta vie est égale à la durée du disque solaire." Ramsès porte, dans la bannière de l'inscription de gauche, le titre de chéri de la déesse de la vérité, l'engendré du roi des dieux pour prendre possession du monde entier. Les trois colonnes sont uniformément terminées par un cartouche contenant le nom propre du roi, le fils du Soleil, le chéri d'Ammon, Ramsès.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy

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dimanche 27 septembre

Porte de Philadelphe et Le Temple d'Isis

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...tel qu'il a été reconstitué sur l'île d'Agilka de 1972 à 1980, sous l'égide de l'Unesco.

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mardi 07 avril

La salle hypostyle de Karnak

Karnak, aujourd'hui pauvre village à moitié enfoui sous les sables du désert, est celle des quatre villes que les Arabes fondèrent sur l'emplacement de l'antique Thèbes, aux cent portes, qui possède les plus riches souvenirs de l'immense capitale de l'Egypte ancienne.Num_riser0006
C'est là que se trouve le fameux temple d'Ammon-Râ, qui était le sanctuaire national, et dans ce temple, la salle hypostyle, qui n'a plus ni porte, ni fenêtre, ni toit, mais qui est la plus belle ruine qu'il soit possible de voir.
"Imaginez-vous, dit Ampère dans la description qu'il en a faite, imaginez une forêt de tours, représentez-vous cent quatre colonnes, égales en grosseur à la colonne Vendôme, dont les plus hautes on 70 pieds de hauteur (c'est presque la hauteur de notre obélisque) et 11 pieds de diamètre, couvertes de bas-reliefs et d'hiéroglyphes ; les chapiteaux ont 65 pieds de circonférence ; la salle a 319 pieds de longueur, presque autant que Saint-Pierre de Rome, et 160 de largeur.
"Il est à peine besoin de dire que ni le temps, ni les deux races de conquérants qui ont ravagé l'Egypte : les pasteurs, peuple barbare, et les Perses, peuple fanatique, n'ont ébranlé cette architecture impérissable. Elle est exactement ce qu'elle était il y a trois mille ans, à l'époque florissante de Ramsès. Les forces destructrices de la nature on échoué ici contre l'oeuvre de l'homme.
"Le tremblement de terre qui a renversé les douze colonnes de la cour que je viens de traverser, a fait crouler le massif du grand pylône, qui me rappelait tout à l'heure une chute de montagne ; mais les cent trente-quatre colonnes de la grande salle que je contemple maintenant, n'ont pas chancelé. Le pylône, en tombant, a entraîné les trois colonnes plus voisines de lui ; la quatrième a tenu bon et résiste encore aujourd'hui à ce poids immense de débris.
"Cette salle était entièrement couverte ; on voit encore une des fenêtres qui éclairaient. Ce n'était point un temple, mais un vaste lieu de réunion, destiné sans doute à ces assemblées solennelles, qu'on appelle des panégyries. L'hiéroglyphes, dont ce mot grec semble être une traduction, se compose d'un signe qui veut dire tout, et d'un toit supporté par des colonnes semblables à celles qui m'entourent. Ce monument forme donc un immense hiéroglyphe au sein duquel je suis perdu.
"La grande salle de Karnak a été achevée par Ramsès-Sésostris, mais elle avait été construite presque entièrement par son père Séthos, dont les exploits sont représentés sur les murs de l'édifice. Ces tableaux forment littéralement une épopée en bas-reliefs, dont le héros est le pharaon Séthos, une Séthéide sculptée et ravissante. Qu'on ne s'étonne pas de cette expression ; ces peintures sont tellement homériques, que M. Wilkinson a pu penser qu'Homère les avait vues dans un voyage en Egypte, et s'en était inspiré pour peindre les combats de l'Iliade."
Le grand malheur de cette pensée du savant Wilkinson, c'est qu'Homère était aveugle ; du reste, il n'avait pas besoin de voir les choses pour s'en inspirer, il était assez riche de son propre fonds.
Les douze colonnes couvertes d'hiéroglyphes et couronnées de chapiteaux admirables en forme de fleurs de lotus que montre notre gravure, sont les plus hautes de l'édifice : celle entre lesquelles se trouve la nef principale, ce que les Egyptiens appelaient la voie triomphale, parce que c'était la route des processions.
Les cent vingt-deux autres colonnes, dont les chapiteaux sont en forme de bouton de fleurs, sont un peu moins élevées que les six paires du milieu.
Les rangées qui flanquent ces dernières à droite et à gauche, et que l'on aperçoit sur notre gravure, portaient des fenêtres grillées en pierre qui atteignent à la hauteur des douze grandes colonnes calicules, et tout en soutenant avec celles-ci les dalle qui formaient le plafond de la nef médiane de la grande salle, servaient en même temps à son éclairage.

SCRAPS - Janvier 1892

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mercredi 05 novembre

Le Temple de Ti

Num_riser0006Le temple de Ti, voisin du Sérapéum, mais plus ancien, est un des monuments les plus remarquables de l'ancienne architecture égyptienne. Comme tous les tombeaux égyptiens, ce monument, dont nous donnons ici le vestibule, ou plutôt les deux colonnes qui en font partie, est souterrain ; ou du moins il n'en existe que la partie souterraine, sauf l'entrée encore apparente. Les chapiteaux des colonnes sont remarquablement conservés ; ils sont d'un style dit en feuille de palmier, plus élégant que la feuille de lotus ou la campane, espèce de cloche renversée. les fûts présentent la même particularité que dans ces deux genres. Ils ont au-dessus du chapiteau des bandes presque toujours au nombre de cinq, suivant la ligature qui retient les tiges dont semble formée la colonne en faisceau.

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vendredi 18 juillet

Un coin de ruines de Thèbes

Num_riser0095Le groupe de Médinet-Abou n'est pas le plus considérable des quatre qui composent les ruines de l'antique Thèbes aux cents portes, mais c'est le plus complet, d'ensemble sinon par les détails, car il présente une récapitulation de tout ce qu'on a pu voir en visitant les autres groupes. Il y a, en fait d'architecture, à peu près toutes sortes de choses, des temples et des palais de toutes les époques et de tous les styles, depuis le temps de Moïse jusqu'à celui des empereurs romains et au delà, sous les chrétiens et les Arabes. Comme l'a dit Champollion, c'est un abrégé de l'Egypte monumentale. On y trouve, en effet, réunis, un temple de l'époque la plus brillante des Pharaons sous le dix-huitième dynastie, un immense palais de la période des conquêtes, un édifice des princes qui avaient brisé le joug des Perses, un propylée de la dynastie grecque, d'autres propylées de l'époque romaine, enfin des débris d'une église chrétienne, sans parler des masures arabes dont les décombres recouvrent et déshonorent tout cela. Ce sont les ruines de l'église chrétienne que représente notre gravure : elles se trouvent dans le deuxième cour, car tous ces monuments divers ne formaient qu'un ensemble, mais ce n'en est pas moins de l'architecture égyptienne, car les chrétiens n'ont rien détruit de cette cour, tout entourée d'une colonnade superbe ; ils ont seulement recouvert d'un enduit les images païennes qui couvraient les murs pour empêcher les fidèles d'être troublés par leur vue, et élevé quelques colonnes corinthiennes au milieu pour entourer leur sanctuaire. Mais cet enduit a été gratté, les bas-reliefs égyptiens réapparaissent dans leur haute curiosité et la cour est encombrée de fragments de colonnes servant de sièges et même de lits aux Arabes qui campent au milieu des ruines.

L. H. 1891

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jeudi 27 mars

La pyramide de Chéops

La pyramide de Chéops, la plus grande des 3 pyramides de Ghizeh, à 145 mètres de hauteur verticale ; la largeur de chacune de ses quatre faces est, à la base, de 232 mètres ; le pourtour de cette masse énorme offre plus d'un kilomètre de développement. On a calculé que les matériaux qui la composent suffiraient pour construire un mur de 2 mètres d'élévation et d'une épaisseur proportionnelle qui ferait le tour de l'Espagne. Selon les uns, elle a été construite 5 000 ans, selon les autres, 3 600 ans avant Jésus-Christ. 100 000 hommes relevés tous les trois mois ont mis 20 ans à exécuter ce gigantesque travail. De la base au sommet, l'édifice est composé d'assises régulières de blocs superposés de 60 à 90 centimètres d'épaisseur sur 2 ou 3 mètres de hauteur, elles sont au nombre de 206... Et tout cela ne forme qu'un tombeau qui n'a pas même su garder le cadavre de Chéops qui l'a élevé.

Gizeh__34_

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jeudi 26 juillet

Le coffre de granit rouge

Suite de l'intérieur de la grande pyramide

Cette chambre est absolument vide, si ce n'est qu'elle contient, non pas au milieu, mais presque dans coin, et orienté un peu de travers, une sorte de coffre qu'on prend à première vue pour un sarcophage. De granit rouge parfaitement poli, ce coffre est taillé à angles droits et ne possède pas de couvercle. Il est, écrit l'abbé Moreux, "sonore comme une cloche".
Trop important et trop lourd pour avoir été transporté dans la Pyramide après sa construction, il n'a pu être placé dans la Chambre du Roi que lors de la construction de la pièce.
On a cru pendant un certain temps que ce coffre avait servi de tombeau à un Pharaon, ou tout au moins que c'était là sa destination première, mais cette opinion n'a pas tenu devant certaines raisons contraires.
Ses mesures intérieures sont les suivantes : 1,97 m de longueur sur 0,68 m de largeur, avec une profondeur de 0,85 m. Soit un volume intérieur sensiblement égal à 69 000 pouces cubes pyramidaux.
Son volume extérieur est exactement le double de sa capacité intérieure ; et ceci est certainement intentionnel.
Ce qui est curieux, c'est que sa capacité cubique se trouve être la même que l'Arche d'Alliance construite par Moïse (qui détenait sans nul doute, les secrets des Temples d'Egypte).
La capacité de ces deux récipients et de 1 138,66 litres.
Quant à la Mer d'Airain, vase célèbre construit par Iram pour le Temple de Salomon, et dont les mesures se trouvent dans le "Livre des Rois", sa capacité cubique aurait été de 3 562,07 pouces pyramidaux. Et, dit l'abbé Moreux, "ce nombre divisé par 50 est, à un sept-millième près, la capacité de l'Arche d'Alliance et du Coffre de la Grande Pyramide.
Barbarin, après l'abbé Moreux, écrit qu'il leur est certainement assigné "un rôle précis de mesure". Oui, mais quel est-il exactement ?

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dimanche 22 juillet

Intérieur de la grande pyramide

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A l'intérieur de la Pyramide existe un système de couloirs et de chambres disposé sur un plan de coupe, au moins ceux que l'on a découvert jusqu'ici ; et Barbarin écrit à ce sujet : "Le système des Couloirs est organisé suivant un plan géométrique et symbolique où rien absolument n'est laissé au hasard."
Le couloir d'entrée s'ouvre par une porte extérieure au niveau de la seizième assise. Il descend obliquement durant plus de 28 mètres. Là, il se continue dans le même axe par le couloir descendant. Mais de cet embranchement part en montant, un autre couloir, dit couloir ascendant, qui se dirige vers le centre de la Pyramide.
Le premier passage ascendant commence à son intersection dans le couloir d'entrée ; il monte en pente ascendante durant une quarantaine de mètres, et aboutit au début de la grande galerie et au passage horizontal qui conduit à la Chambre de la Reine.
Si, au contraire, on s'engage dans la grande galerie, on s'aperçoit que le plafond s'élève brusquement à une hauteur de 8,60 m, tandis que sa largeur mesure à peine plus d'un mètre. Mais en réalité, deux rampes percées de trous réguliers, et qui sont maçonnées de part et d'autre, l'élargissent. Sa longueur au sol est de 47,85 m.
La rampe de la Grande Galerie aboutit au Grand Degré. Puis, après avoir traversé deux passages bas, séparés par l'Antichambre, on arrive à la Chambre du Roi appelée ainsi, bien que rien ne vienne justifier cette dénomination.
D'après le Livre des Morts, la désignation de cette pièce est beaucoup plus symbolique... et plus poétique. Elles est nommée la "Chambre du Mystère et de la Tombe Ouverte", la "Chambre du Grand Orient", la "Présence Littérale du Maître de la Mort et du Tombeau".
C'est une vaste pièce de 10,46 m de long sur 5,23 m de large et 5,58 m de haut.

- La hauteur des passages bas est inférieure à un mètre, on n'y peut donc passer qu'en se tenant très courbé.
- D'après l'abbé Moreux, si nous multiplions par 3,1416 la longueur de l'antichambre précédant la Chambre du Roi, nous trouvons, après l'avoir évaluée en puces pyramidaux, 365,242 : nombre de jours fixant très exactement la durée de l'année que ni les Grecs ni les Romains n'avaient su calculer. Quant à la longueur de l'année bissextile, nous la trouvons dans chaque côté de la base du monument, où elle est exprimée en coudées pyramidales ou sacrées.

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jeudi 19 juillet

Le Sphinx

Num_riser0005Il mesure 57 m de long et 20 m de haut. Il fut taillé d'un seul morceau de roche.
Tandis que dans l'Egypte ancienne, le sphinx (la sphinge) est un être masculin au corps de lion et à tête humaine - exception faite naturellement de la reine Hatchepsout - les Grecs les considéraient comme des êtres féminins. Chez les Egytiens, le sphinx symbolisait l'union des forces de l'âme et de celles du corps en la personne du pharaon.
Au pied de cette statue colossale, vieille d'environ 4600 ans, se trouvait un temple, le temple du soleil qui incluait le parcours d'une journée du soleil dans son architecture.

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LA GRANDE PYRAMIDE

Il est évident que ces trois monuments énormes sont des merveilles de construction, bâties pour résister à tous les cataclysmes : séismes, incendies, voir sans doute inondations ; de plus, leur masse même les mets à l'abri des destructions humaines.
Depuis la plus haute antiquité, on s'est surtout émerveillé de la plus grande, Khéops, que les Egyptiens nommaient "Al Ahram" : La Lumière.
Les Grecs la tenaient pour une des sept Merveilles du monde. Il faut dire qu'à cette époque elle était entièrement revêtue de plaques lisses de calcaire dur et très blanc, et qu'elle resplendissait au soleil. C'est le sultan Al Mamoun qui fit enlever, plaque par plaque, le magnifique revêtement. Mais telle quelle, elle est encore digne de l'admiration de tous ceux qui ont la joie de la contempler. Pour la construire, on employa trois millions de blocs de pierre, et certains pèsent de vingt à trente tonnes. Tous ces blocs sont joints sans ciment et s'encastrent si parfaitement l'un dans l'autre qu'il est impossible, à n'importe quel endroit qu'on essaie, de passer la lame d'un couteau entre deux blocs de pierre.
L'ensemble de la construction pèse environ six millions de tonnes, c'est-à-dire qu'il faudrait six mille locomotives tirant chacune mille tonnes pour la transporter.
Si l'on considère seulement la construction de la Pyramide en tant qu'ouvrage de maçonnerie, c'est déjà extraordinaire, et il est évident que le peuple qui l'a construit n'ignorait pas certaines sciences que nous connaissons actuellement, et sans doute bien d'autres encore ; nous verrons plus loin qu'il avait résolu les équations de l'univers. Et il n'est pas interdit de penser que les premiers occupants de l'Egypte étaient eux-mêmes descendants des Atlantes, et que leurs prêtres ont gardé - aussi longtemps qu'ils l'ont pu - la science qui leur avait été transmise, mais qui s'est peu à peu perdue, comme toute initiation qui se vulgarise.
En tout cas, il est incontestable que les connaissances des prêtres égyptiens étaient très étendues : et les plus illustres et les plus savants des philosophes grecs, tels Solon, Pythagore, Platon, passèrent plusieurs années dans leurs temples afin de s'instruire.
De tous temps, la Grande Pyramide a passé pour détenir de grands secrets scientifiques, et un écrivain copte, Massoudi, qui vivait au X° siècle de notre ère, et qui s'appuie sur des manuscrits et une tradition coptes, écrit que "Surid, un des rois qui régnaient sur l'Egypte avant le déluge, éleva les deux grandes pyramides". Et il ajoute que : "Surid ordonna aux prêtres d'y déposer la somme de leur sagesse et de leur connaissance dans les différents arts et sciences... avec les écrits des prêtres contenant toute sorte de sagesse, les noms et propriétés des plantes médicinales et les sciences d'arithmétique et de géométrie, afin que tout ceci restât conservé pour le bénéfice de ceux qui, plus tard, pourraient les comprendre".
Et plus loin, il ajoute :
"Dans la pyramide de l'Orient (la Grande Pyramide), furent gravées les sphères célestes et les figures représentant les étoiles et les planètes.
Le roi y fit encore déposer les positions des étoiles et leurs cycles, ainsi que l'histoire et la chronique des temps passés et des temps à venir et de tout événement futur qui surviendrait en Egypte".
Or, les Coptes sont les descendants directs des anciens Egyptiens, et leurs traditions, à ce sujet, valent que l'on y prête attention.
Soit par les Coptes, soit autrement, les Arabes, envahisseurs de l'Egypte, ne semblent pas avoir ignoré totalement la valeur scientifique de ces pyramides, et des manuscrits arabes font également allusion à ces connaissances inscrites ; le manuscrit de Makrisi dit aussi que "la première pyramide fut spécialement consacrée à l'histoire et à l'astronomie ; la deuxième, aux connaissances médicales".
Et Tahfat confirme que la Grande Pyramide contient "les plans des étoiles et les signes historiques et prophétiques".

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