Cette révolution ouvrit pour l'Egypte une nouvelle période qui ne fut pas sans gloire. L'esprit de conquête se ranima, les entreprises maritimes recommencèrent, et les guerres avec l'Assyrie rétablirent momentanément l'ancienne influence de l'Egypte au dehors.
Devenu seul roi avec le secours des étrangers, Psamétik s'appuya sur eux et appela un grand nombre de Grecs auprès de lui, en leur donnant des terres aux environs de Bubaste. Il leur confia même des enfants égyptiens auxquels ils enseignèrent le grec, de sorte que, depuis ce temps, il y eut en Egypte une classe d'interprètes. Les guerriers, mécontents de la faveur dont les nouveaux venus étaient l'objet, émigrèrent au nombre de 240 000 dans la presqu'île de Méroë, que forment à leur confluent le Bahr-el-Azrek et le Bahr-el-Abyad.
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Mais Psamétik se ménagea l'alliance de la classe sacerdotale en construisant, à Memphis, les propylées du temple de Vulcain, et en bâtissant le temple où le boeuf Apis était nourri. La défection de l'armée ne l'empêcha pas de recommencer les guerres de ses prédécesseurs contre les peuples de la Palestine, et il s'empara, au pays des Philistins, de la forte place, d'Asdod, qui était comme la clef du passage entre la Syrie et l'Egypte. Des soins donnés à l'administration de l'Etat, les revenus augmentés par la protection accordée au commerce extérieur, et des relations, de jour en jour plus multipliées, avec la Grèce et la Phénicie, signalent encore le règne de Psamétik.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy