Néko, son fils, porta comme lui ses armes en Palestine, battit et tua, à Mageddo, le roi de Juda, Josias, et donna la couronne à Joakim, dont il fit son tributaire (608). Il voulut aller plus loin et entamer la grande monarchie babylonienne : il s'avança jusqu'à l'Euphrate et prit Circesium (Karkémish) ; mais une seule défaite, que lui fit éprouver Nabuchodonosor, lui enleva toutes ses conquêtes et le rejeta en Egypte.ruines_de_louxor1
Ce n'est pas dans ces guerres qu'est la gloire de Néko. Les communications, devenues plus fréquentes avec les étrangers et rendues plus faciles par l'institution de la nouvelle corporation des interprètes, le firent songer à reprendre le projet qu'avait éxécuté déjà un ancien pharaon, celui de joindre la mer Rouge avec le Nil, au moyen d'un canal d'une longueur de quatre journées de navigation, et assez large pour que deux trirèmes pussent naviguer de front. Le nouveau canal commençait un peu au-dessous de Bubaste et aboutissait à la mer Rouge. Au rapport d'Hérodote, 120 000 hommes périrent en le creusant. Néko fit suspendre les travaux, sur la réponse d'un oracle qu'il travaillait pour un Barbare. Cela veut dire sans doute que les prêtres égyptiens ne voyaient pas d'un bon oeil une opération nouvelle, qui avait le tort, à leurs yeux, d'être le résultat d'une inspiration étrangère et qui ouvrait davantage l'Egypte aux influences du dehors.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy