L'Egypte était renommée dans l'antiquité comme la mère de la superstition. Nul peuple en effet ne dégrada autant l'idée de la divinité. Non seulement les Egyptiens avaient beaucoup de dieux, mais encore ils allaient les prendre bien bas, jusque parmi les animaux. L'ichneumon, l'ibis, l'épervier, le crocrodile, le chat, le boeuf, étaient regardés comme des êtres divins, "de sorte, dit Bossuet, qu'en Egypte tout était dieu, excepté, Dieu, lui-même."
En outre, les dieux d'une ville n'étaient pas ceux d'une autre ; de là des divisions et des guerres. Ainsi le crocodile était sacré pour les uns, les autres lui faisaient la guerre. A Thèbes et aux environs du lac Moeris, on choisissait un crocodile qu'on instruisait à se laisser toucher avec la main. On lui mettait des pendants d'oreilles d'or, et on lui attachait aux pieds de devant de petites chaînes ou bracelets. On le nourrissait avec la chair des victimes, et on lui donnait d'autres aliments prescrits par le rituel. Tant qu'il vivait, on en prenait le plus grand soin. Quand il mourrait, on l'embaumait et on le mettait dans une caisse sacrée.
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Ichneumon : sorte de rat d'eau, long du museau à la queue de 50 centimètres, qui vit au bord des rivières et s'apprivoise aisément. On l'emploie à détruire les rats et les souris, qui sont une des plaies de l'Egypte. Les anciens croyaient à tort qu'il était très friand des oeufs de crocodile.

Ibis : oiseau de l'ordr des échassiers qui ressemble à la cigogne, mais est plus petit, n'ayant que la grosseur d'une poule. Il se nourrit de lézards, de serpents et de grenouilles. Il est migrateur. Son retour en Egypte concordait avec le débordement du Nil. Il était donc comme le messager de la bonne nouvelle, et, à cause de cette coïncidence, très révéré.

Crocodile : cet animal, très carnassier, rappelle le lézard par ses formes, mais atteint jusqu'à 10 mètres de longueur. Sa peau à l'épreuve de la balle, et sa vie doit être très longue, car son accroissement est très lent.

Histoire Ancienne 1880 par Victor Duruy