Quelques-uns des plus beaux morceaux de la littérature égyptienne se situent au niveau de la poésie lyrique. L'époque raffinée du Nouvel Empire a chanté l'amour en vers pleins de charme et d'un sentiment authentiques.
Voici comment un amoureux, qui n'a pu voir pendant toute une longue semaine sa bien-aimée (qu'il appelle "sa soeur"), exprime sa romantique nostalgie.

Depuis sept jours pleins, ma soeur est restée cachée à mes yeux,
Et une grande langueur m'a envahi.
Mon corps s'est fait très lourd,
Oublieux de moi-même.
Le chef des médecins a beau venir me voir,
Mon coeur ne peut se satisfaire de ses remèdes ;
Nulle prière ne m'apportera de répit :
Mon mal est indécelable.

Qu'on dise : "Elle est ici !" et je me sentirai revivre ;
L'annonce de son nom est ma résurrection ;
L'entrée et le départ de ses seuls messagers
Font à nouveau battre mon coeur.
Plus bénéfique est la présence de ma soeur
Que l'administration d'un quelconque remède ;
Elle me conforte plus que les recettes de jouvence.
Ma santé revient avec elle :
A sa vue seule, je me sens bien.
Qu'elle ouvre les yeux, et mon corps retrouve la jeunesse ;
Qu'elle parle, et mon corps retrouve la vigueur ;
Qu'elle m'enlace, et mal s'abolit en moi -
Mais héla, voilà sept longs jours que je ne l'ai vue !

Fleur__gyptienne