vendredi 18 juillet
Un coin de ruines de Thèbes
Le groupe de Médinet-Abou n'est pas le plus considérable des quatre qui composent les ruines de l'antique Thèbes aux cents portes, mais c'est le plus complet, d'ensemble sinon par les détails, car il présente une récapitulation de tout ce qu'on a pu voir en visitant les autres groupes. Il y a, en fait d'architecture, à peu près toutes sortes de choses, des temples et des palais de toutes les époques et de tous les styles, depuis le temps de Moïse jusqu'à celui des empereurs romains et au delà, sous les chrétiens et les Arabes. Comme l'a dit Champollion, c'est un abrégé de l'Egypte monumentale. On y trouve, en effet, réunis, un temple de l'époque la plus brillante des Pharaons sous le dix-huitième dynastie, un immense palais de la période des conquêtes, un édifice des princes qui avaient brisé le joug des Perses, un propylée de la dynastie grecque, d'autres propylées de l'époque romaine, enfin des débris d'une église chrétienne, sans parler des masures arabes dont les décombres recouvrent et déshonorent tout cela. Ce sont les ruines de l'église chrétienne que représente notre gravure : elles se trouvent dans le deuxième cour, car tous ces monuments divers ne formaient qu'un ensemble, mais ce n'en est pas moins de l'architecture égyptienne, car les chrétiens n'ont rien détruit de cette cour, tout entourée d'une colonnade superbe ; ils ont seulement recouvert d'un enduit les images païennes qui couvraient les murs pour empêcher les fidèles d'être troublés par leur vue, et élevé quelques colonnes corinthiennes au milieu pour entourer leur sanctuaire. Mais cet enduit a été gratté, les bas-reliefs égyptiens réapparaissent dans leur haute curiosité et la cour est encombrée de fragments de colonnes servant de sièges et même de lits aux Arabes qui campent au milieu des ruines.
L. H. 1891


























